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IMMIGRATION - L’ Espagne, eldorado malgré elle Suggérer par mail
mercredi 05 octobre 2005

En une semaine, plus de 2.000 immigrants ont pris d’assaut la frontière hispano-marocaine de Melilla. La garde civile ne suffit plus, c’est désormais l’armée qui doit surveiller les 11km de frontière. L’Espagne est devenue une terre d’accueil, ce qui ne va pas sans poser de problèmes à sa société

Un immigrant africain montre les blessures de ses mains après l'assaut de Melilla. (Photo : AFP) 

Six morts, des centaines de blessés... Depuis le 27 septembre, la frontière de Melilla a été le théâtre d’affrontements répétés entre policiers espagnols et immigrés africains. Près de 12.000 clandestins ont franchi ces grillages depuis janvier, en quête d’un avenir meilleur. Les statistiques plaident en leur faveur : le PIB espagnol par habitant est six fois plus élevé que le marocain (29.763 contre 5.333 euros). L’écart est encore plus grand avec les pays sub-sahariens dont proviennent la majorité des candidats à l'exil.
Rien ne semble pouvoir tarir ce flot de clandestins. Dans l’urgence, le ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a réclamé, hier, une aide de 40 millions d’euros à l’Union européenne.Et José Luis Rodriguez Zapatero, le chef du gouvernement espagnol, une intensification de l'aide au développement des pays africains. Une réalité nouvelle pour l'Espagne qui fait désormais partie des pays riches, attractifs et donc multi-ethniques. Selon l’Institut National Espagnol (INE), près de 8,4% de la population espagnole est d'origine étrangère.
33.OOO habitants, 80 nationalités différentes
Le quartier madrilène de Lavapiès est représentatif de ce métissage. Plus de 80 nationalités y sont recensées. Et 90% des enfants scolarisés sont d’origine immigrée. Dans la rue Meson de las paredes, le nom des petits commerces évoque surtout le Maroc. Ici le "Baraka", là le "Tanger". Et malgré les sourires affichés, certains habitants sont inquiets.
Depuis le 11 mars 2004, c’est plus difficile…” raconte Mohammed, 32 ans. "On nous voit comme des « moros » à problèmes parce que les auteurs des attentats du 11-M vivaient ici. On est forcément suspects. Et c’est pas évident pour trouver un travail…" Pour lui, la “convivencia” n’est qu’une image. "Les différentes communautés vivent séparées et les Espagnols nous voient tous d’un sale œil", ajoute-t-il. Alors, selon lui, ces derniers jours n’arrangent rien : “C’est encore la faute aux Marocains qui gèrent mal la frontière !
Georgia DIAZ. (LPJ) 6 octobre 2005

 
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