Professeur chercheur de mathématiques à l’université du Chili, Alejandro Maass revient sur ses bons souvenirs de Doctorant à Marseille entre 1991 et 1994
Au début des années’90, le Chili qui craignait la "fuite des cerveaux" s’empressait de donner des postes universitaires à ses meilleurs ingénieurs sur le point de partir poursuivre un doctorat à l’étranger. Alejandro Maass, 42 ans est donc enseignant titulaire de mathématiques à l’université du Chili, depuis 1990. S’il est donc bien revenu à sa base après son doctorat en France, il multiplie depuis les allers-retours avec l’hexagone, où il se sent "comme dans une deuxième maison".
Des maths à la mine Avec d’autres au Chili, il fait partie de ces mathématiciens, enseignants et chercheurs qui travaillent étroitement avec l’industrie. Dans son cas, les mines, notamment. A l’université du Chili, il dirige un laboratoire d’une dizaine de personnes (Bioinfo Math Gen Lab) et est consultant pour une entreprise de Codelco, Biosigma, où les disciplines sont croisées. (Biologistes, informaticiens, mathématiciens...) Difficile pour des non-spécialistes d’en dire plus, ou de parler de son domaine spécifique, l’ergodique (chemin d’énergie), ou du sujet de sa thèse, pourtant posément exposé, sans être approximatif. Nous vous invitons pour cela à visiter sa page web. En revanche ses patientes explications entre théories mathématiques et applications pratiques permettent de voir cette discipline sous un autre jour. Et de la trouver intéressante. C’est aussi, entre autres, ce qu’il a apprécié en France : l’intérêt que les gens ont pour un domaine qui leur est a priori parfaitement étranger. Et le sérieux avec lequel est traité le savoir. Pour lui la France, c’est le pays des maths "avec le plus grand nombre de publications par habitants", relève t-il. Son expérience, à Marseille avec sa jeune famille, de 1991 à 1994 semble attachée à de bons souvenirs. Professionnels d’abord : il est arrivé à Marseille, les premiers mois de la création de l’Institut de mathématiques de Luminy : "Il y avait un mélange de disciplines qui donnait une ambiance très créative et puis, tous les spécialistes mondiaux passaient par là. Ces rencontres, cette effervescence ont été aussi importantes pour moi que le résultat de ma thèse", se souvient-il. D’ailleurs, plus de 10 ans après son doctorat, les contacts se sont multipliés et renforcés. Ses recherches lui ont fait sillonner la France.
Bons amis "J’aime le sens de l’amitié des Français, qui envoient par exemple des cartes postales, qui s’intéressent aux autres, qui pensent à eux. Dans cet Institut de 70 personnes, il y avait une quarantaine de chercheurs qui arrivaient de partout, y compris de l’étranger. On s’est donc aussi beaucoup entraidé pour s’intégrer, et échanger des tuyaux avec nos enfants petits", souligne t-il dans un français alerte. L’aîné de ses trois enfants est entré cette année à l’université, après avoir, "à la française", souligne Alejandro, fréquenté la maternelle du coin à Marseille, puis le collège du quartier à Santiago. Il faut dire que l’accueil au lycée français de Santiago a, dit-il, sans s'étendre, un peu tempéré sa francophilie à son retour de Marseille. S.R (www.lepetitjournal.com Santiago) mardi 19 février 2008
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