| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 14-02-2008 23:00
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Au cours du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France, Nicolas Sarkozy a défendu ses récents témoignages sur sa foi, sources de polémique. Il a aussi annoncé, le projet de confier la mémoire d’un enfant français victime de la Shoah aux élèves de CM2 Serge Klarsfeld, président et fondateur de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France s'est dit très touché par l'initiative de Sarkozy
"Je persiste et j’ai le plaisir de signer". Mercredi soir, lors du dîner annuel du Crif, Nicolas Sarkozy est revenu sur la polémique du moment autour de ses récents discours à Rome et à Riyad. A deux reprises, le chef de l’Etat avait suscité des réactions outrées en parlant de l’importance de la religion chez l’Homme et en témoignant de sa foi personnelle. Les partisans de la laïcité s’étaient offusqués d’entendre Sarkozy aborder ces sujets, remettant en cause selon eux le caractère laïc de la République française. Les critiques visaient notamment ses déclarations quant aux principaux massacres du 20ème siècle nés, selon lui, "non d’un excès de l’idée de Dieu, mais de sa redoutable absence". Le Président a donc réitéré son attachement à la laïcité, tout en expliquant que sa fonction ne devait pas l’empêcher "de rencontrer des prêtres, des pasteurs, des rabbins, des religieux", pour leur dire tout le bien qu’il pensait de leurs actions. Entretenir la mémoire par l’émotion Ce n’était donc pas par hasard, qu’exceptionnellement le Conseil représentatif des institutions juives de France avait convié Sarkozy à son dîner annuel -une faveur traditionnellement accordée au Premier ministre, une fois "outrepassée" par Mitterrand. Car avant d’entendre Sarkozy à la barre de la défense, le président du Crif Roger Cukierman avait volontairement rappelé les bienfaits de la loi de 1905, qui a permis "aux juifs la neutralité bienveillante qui a garanti l'égalité et inventé des solutions empiriques aux problèmes ponctuels". Le Crif s’inquiète également de la banalisation du discours antisémite constatée dès le plus jeune âge. Pour cela aussi Sarkozy a une solution. Il a annoncé le projet de confier, dès la rentrée 2008, la mémoire d’un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah à chaque élève de CM2. Ils devront connaître l’identité et l’existence d’une des victimes. Pour le Snuipp-FSU, syndicat majoritaire chez les enseignants, cette démarche pourrait provoquer des troubles psychologiques. Elle ferait peser une "charge émotionnelle" trop grande sur les enfants selon Gilles Moindrot, le secrétaire général du syndicat. De plus les professeurs défendent la possibilité d’apprendre aux enfants à se souvenir de la Shoah de la manière qu’ils l’entendent. Sarkozy peut au moins se féliciter d’avoir satisfait aux interrogations du Crif, sans compter l’approbation d’un farouche opposant, François Hollande. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) vendredi 15 février 2008 En savoir plus RTL.fr - Le devoir de mémoire de la Shoah confié aux CM2 Le Nouvel Obs - Enseignement de la Shoah : le projet de Sarkozy inquiète les syndicats Le Figaro - Sarkozy précise sa conception de la laïcité Libération - Au dîner du Crif, Sarkozy ressert son couplet sur la place des religions
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