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La rencontre des deux présidents, en Guyane française mardi, a débouché sur une promesse d’accord militaire avant la fin de l’année. La place du Brésil à l’ONU était également à l’ordre du jour
Lula et Sarkozy en Guyane le 12 février 08 - Photo Wilson Dias/Abr
Un large accord militaire doit être signé entre la France et le Brésil avant la fin de l’année 2008. C’est du moins ce à quoi se sont engagés les présidents Nicolas Sarkozy et Luiz Inácio Lula da Silva, lors de leur rencontre mardi le long du fleuve Oyapock, près de la frontière entre la Guyane et le Brésil. Les deux chefs d’Etat ont déclaré vouloir mettre en pratique un échange technologique et militaire qui prévoit le transfert d’expériences et la construction de sous-marins, chasseurs et hélicoptères. Au cours d’une conférence de presse, M. Sarkozy a souhaité "un partenariat global [avec le Brésil], qui ne soit pas seulement une livraison de matériel militaire, mais une stratégie plus ample que la relation de vente et d’achat". Le président Lula a rétorqué que cet accord ne pouvait pas être "abstrait" "en référence au pont qui enjambe le fleuve séparant la Guyane du Brésil. La construction de ce pont est en effet planifiée depuis 1996, mais les travaux n’ont jamais commencé... A cours de la rapide rencontre des deux présidents, la bonne humeur et la disponibilité de Lula, en chemisette blanche, contrastait avec la tension apparente de son homologue français, plus crispé dans son costume sombre.
Sarkozy : "Le G-8 doit devenir le G-13 !" Nicolas Sarkozy a néanmoins réaffirmé sa volonté de voir le Brésil obtenir un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU. Il a été plus loin en souhaitant la participation du Brésil au G-8, le groupe des 8 pays les plus industrialisés du monde. " Le G-8 doit devenir le G-13 ! " a-t-il déclaré, souhaitant l’inclusion du Mexique, de l’Afrique du Sud, de l’Inde et d’un pays arabe, en plus du Brésil. De son côté, Lula a profité de cette rencontre pour critiquer le FMI qui, selon lui, devrait rechercher le développement des pays pauvres et laisser de côté la politique d’ajustement fiscal. "Tous les jours je vois sur mon ordinateur que le risque Brésil a chuté et que la crise américaine a augmenté. Mais ils ne calculent que le risque Brésil, et pas celui des pays qui spéculent" s’est-il indigné, en référence à l’échelle de risque des investissements dans les pays émergents crée par les agences internationales. Enfin, le président Lula a affirmé que son pays était disposé à participer des efforts visant à libérer les otages des Farcs colombiens, en précisant toutefois que toute action devait être d’abord évaluée et acceptée par la Colombie. Sarkozy a remercié cette volonté d’efforts. Bertrand BLAIS (www.lepetitjournal.com - São Paulo) jeudi 14 février 2008 |