| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 13-02-2008 23:00
|
|
Clown, conteur, animateur, humoriste, jazzman, crooner… Henri Salvador était tout ça à la fois. Et avec classe. L’un des plus grands artistes de la variété française est décédé hier d'une rupture d'anévrisme. Il avait 90 ans Une voix de velours, des notes mélodieuses à la guitare, et l'allure d'un gentleman... (photo AFP)
Il avait mis fin à sa carrière dans un dernier spectacle au Palais des Congrès à Paris en décembre. Mais il prévoyait encore, à 90 ans, de donner quelques concerts au printemps avant de renoncer définitivement à la scène. Henri Salvador, qu’on aurait pu croire infatigable est décédé hier matin d’une rupture d’anévrisme. Son rire sonore et communicatif résonne encore aux oreilles des auditeurs de l'impayable émission de Laurent Baffie qui l'avait reçu ce dimanche, sur Europe 1. Le chanteur était vert parce que Baffie n'avait invité à l'antenne que des centenaires ! Du haut de ses 70 ans de carrière, Henri Salvador avait encore l’allure fringante d’un jeune premier, toujours habillé avec classe… La marque de fabrique d’un artiste respectueux et amoureux de son art et de son public. Mais il est difficile de parler d’art au singulier avec ce touche-à-tout ! Né en 1917 en Guyane de parents guadeloupéens, Henri Salvador s’est cultivé musicalement au son du jazz avec Louis Armstrong, Duke Ellington et Django Reinhardt comme modèles. Arrivé en métropole à 7 ans, il en avait à peine 14 quand il a remporté un concours de chanteur amateur. Salvador a commencé alors à se faire remarquer dans les cabarets parisiens avec, déjà, ses costumes blancs immaculés et son rire inimitable. Doté lui-même d’un immense talent à la guitare, Salvador a intégré le groupe Hot Club du maître du jazz manouche en personne, et joué avec les plus grands comme Eddy South, Bernard Hilda, Ray Ventura. Artiste aux multiples facettes Durant sa carrière, Henri Salvador n’a cessé de flirter avec tous les styles, tous les domaines. Les années 50 ont été marquées par son triomphe aux Etats-Unis et en Amérique du Sud, mais surtout par son impressionnante collaboration avec Boris Vian, son grand ami, son "frère". Avant la mort subite du poète en 1959, ils ont composé ensemble 400 titres dont Faut rigoler, La java mondaine ou Le Taxi. A partir de 1968 et dans les années 70, il est devenu l’idole des enfants à la télé dans ses émissions comme "Salves d'Or" et "Dimanche Salvador". Entre temps, Le lion est mort ce soir, Syracuse, Zorro est arrivé, Le travail c’est la santé, devenaient autant de tubes qui ont traversé les générations. Les années 90 ont été un retour aux sources. Il a concilié deux albums de blues et des performances de jazz dans les clubs de la capitale. Après une période d’accalmie, Salvador a fait un retour fracassant grâce aux splendides chansons composées notamment pas Keren Ann et Benjamin Biolay de Chambre avec vue en 2000. Succès populaire et critique l’ont conduit au titre d'Interprète masculin de l'année aux Victoires de la Musique l'année suivante. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) jeudi 14 février 2008 En savoir plus LCI - Henri Salvador : du rire au charme Gala - Le chanteur avait 90 ans L'Express - Mort à 90 ans d'Henri Salvador, crooner jazzy au rire tonitruant
|