|
ENTREPRISE - Portables made in Jucu |
| Ecrit par Florian Constant,
le 13-02-2008 00:00
|
|
L'installation de Nokia à Jucu, au nord-ouest du pays, est une bonne nouvelle pour l'économie roumaine. Des emplois vont se créer et l'État lui aussi en profitera. Mais en Allemagne, cette délocalisation continue de faire des mécontents
Marius Nicoara, président du Conseil départemental de Cluj (photo: antena3.ro)
Dans la petite ville roumaine de Jucu, située en Transylvanie, à 18 kilomètres de Cluj, ce fut l’événement : plusieurs hauts responsables de Nokia ont inauguré lundi la nouvelle ligne d’assemblage pour les téléphones portables du géant finlandais. Avec un premier investissement de 60 millions d’euros, l'usine s'étendra sur 30 hectares. Du jamais vu à Jucu. Au maximum de son rendement, cette nouvelle unité de production devrait employer près de 3.500 personnes d'ici la fin 2009. Salaire moyen des ouvriers : environ 800 lei brut par mois, soit 220 euros. Une aubaine pour Nokia qui a vite fait le calcul : en fermant l’usine allemande de Bochum et en délocalisant en Roumanie, les économies sur les salaires seront plus que conséquentes.
L'éternel dilemme Pendant ce temps, en Allemagne, ça grogne. Depuis plusieurs semaines, 2.300 travailleurs protestent contre la fermeture prochaine de leur usine. L'affaire ne plait pas non plus à certains eurodéputés allemands qui soutiennent que Nokia a utilisé l'argent de l'Union européenne pour délocaliser en Roumanie. D'autres demandent d'interdire cette délocalisation. Mercredi dernier, à Strasbourg, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a alors posé la question : "Si des investissements partent de la Finlande pour l'Allemagne, pourquoi ne pourraient-ils pas partir d'Allemagne vers la Roumanie ?". Pour Marius Nicoara (photo), président du Conseil départemental de Cluj, "Nokia n'a pas délocalisé son usine ici, c'est un projet complètement différent qui ne pouvait pas se faire à Bochum".
Un jackpot pour l'État À Bucarest, on préfère ne pas trop s’immiscer dans la polémique. "Évidemment les coûts salariaux ont joué en notre faveur", a simplement déclaré le ministre du Travail Paul Pacuraru, tout en assurant que "bientôt les salaires rattraperont le niveau du salaire moyen des autres pays de l'UE". Certes le gouvernement du Premier ministre libéral Calin Popescu Tariceanu regrette que des travailleurs allemands soient en passe de perdre leur travail, mais il est aussi ravi de l’installation de Nokia en Transylvanie pour le développement de la région. Et pour les caisses de l'État. Selon les estimations, à partir de 2010, la Roumanie devrait empocher 200 millions d'euros d'impôt par an. Florian CONSTANT. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) mercredi 13 février 2008
|