| Ecrit par Hervé Heyraud,
le 15-02-2008 00:00
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Jean-Claude Jacq, secrétaire général de l’Alliance Française, mise sur la création de la Fondation Alliance Française pour fortifier le réseau international en lui donnant plus de moyens et une équipe dédiée. La Fondation a déjà récolté 5 millions d’euros, le quart du capital souhaité Jean-Claude Jacq, le secrétaire général de l'Alliance Française (photo Hervé Heyraud)
LPJ : Alors que l’Alliance Française est plus que centenaire, pourquoi avoir créé une Fondation ? Jean-Claude Jacq : L’Alliance Française a été fondée en 1883 avec pour mission de créer un réseau international. C’est un succès puisque nous comptons aujourd’hui 1.071 alliances dans 133 pays dans le monde qui regroupent plus de 450.000 étudiants ! Parallèlement, l’Alliance Française de Paris a ouvert ses portes et est devenue la première école de français langue étrangère dans le monde. Avec le temps, on s’est retrouvé avec un certain déséquilibre entre la gestion de l’Alliance de Paris, une grosse PME de 200 personnes, et l’animation du réseau international. Avec la création de la Fondation, nous revenons à l’origine avec une équipe parisienne, légère (12 personnes) mais entièrement dédiée au réseau. Quels sont les besoins du réseau des Alliances françaises dans le monde ? Nous avons un souci de professionnalisation. Ces dernières années, la moitié des personnels détachés a été remplacée par des personnels locaux qui ont besoin de formation via des stages, des missions, un suivi. Nous devons aussi former nos personnels à différents métiers, de l’accueil du public à la diffusion d’information entre autres, mais aussi à la formation artistique ou à l’activité de restauration. Dans un marché concurrentiel, notre but est d’améliorer notre offre linguistique et culturelle en général. Quels sont les moyens dont disposera la Fondation ? Nous avons pour objectif de réunir un capital de 20 millions d’euros. Pour l’instant, nous en avons récolté le quart, grâce à un comité de soutien et de parrainage très convaincant. L’Etat a apporté son soutien avec une enveloppe exceptionnelle de 2 millions d’euros. Par ailleurs, le statut d’association loi 1901 est mal connu à l’étranger, ce qui rend difficile certains partenariats publics ou privés. A l’inverse, particulièrement dans tout le monde anglo-saxon, le label Fondation nous donnera davantage de visibilité pour soutenir plus de projets. Justement, ne craignez-vous pas avec la création d’un outil comme la Fondation un futur désengagement de l’Etat dans les Alliances ? Il s’agit simplement d’un changement de structure. Nos relations avec le ministère des Affaires étrangères restent les mêmes. Le nombre de personnels détachés par le ministère dans nos Alliances à l’étranger et les subventions diverses que nous recevons sont identiques cette année. Aujourd’hui, au-delà de l’aspect linguistique, les Alliances françaises forment un relais de coopération culturelle à tous les niveaux. Avec la réduction des budgets, je crois que l’Etat trouvera de plus en plus son intérêt dans le développement d’un réseau comme le notre, et nous devons nous y préparer. Propos recueillis par Hervé HEYRAUD. (www.lepetitjournal.com) vendredi 15 février 2008
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