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Lepetitjournal.com inaugure cette semaine une nouvelle rubrique, consacrée à la Grèce dans l'édition française. Rendez-vous mensuel, ce thème sera abordé au travers de rencontres avec des auteurs, des traducteurs, des libraires et des éditeurs. Une sélection de titres disponibles sera également présentée dans le "bouche à oreille" La Grèce est un pays qui a une traditon culturelle francophone. La francophonie en Grèce a des racines profondes. Durant le 19e siècle, un grand nombre d'auteurs ont choisi le français comme langue d'expression littéraire, soit pour mobiliser certaines consciences européennes pendant la guerre d'Indépendance grecque, soit pour s'adresser à un public grec cultivé qui parlait couramment la langue française, soit encore pour accentuer leur position dans le conflit bilingue entre la langue officielle, la Katharevoussa, et la Démotique parlée par la masse populaire. N'oublions pas, enfin, un autre facteur : la mode. En effet, parler français était une distinction de l'élite et encourageait les écrivains grecs à s'orienter vers cette langue : citons Psiharis, Michel Mitsakis ou Jean Moreas. Au 20e siècle, la plupart des auteurs de la génération des années 30 se rendaient à Paris pour continuer leur formation culturelle. Ainsi, les premières tentatives littéraires de Seferis, Theotocas, Elytis, Kazantzakis ou Pentzikis se sont faites en français.
Aujourd'hui, cette création littéraire ne se compare pas à l'essor de jadis, mais nous pouvons citer des poètes comme Nanos Valaoritis, Nikos Engonopoulos, ou des prosateurs comme André Kedros, Vassilis Alexakis et autres, qui ont tous opté pour la langue de leur pays d'accueil. Certes, ce phénomène est de moins en moins important, mais l'attachement à la culture française est toujours là. La littérature grecque est d'abord traduite en français. Selon le professeur Jacques Bouchard, "le francais représente la première langue de traduction suivie de l'anglais puis de l'allemand". La Grèce a aujourd'hui rejoint les rangs de la francophonie. Elsie Sakellariou. (www.lepetitjournal.com – Athènes) jeudi 14 février 2008
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