| Ecrit par Herve HEYRAUD,
le 03-10-2005 23:00
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En adaptant le best seller de Philippe Claudel, Les âmes grises, Yves Angelo offre un rôle cruel à feu Jacques Villeret et un personnage grave à Jean Pierre Marielle. Le tout sur fond de meurtre et de Guerre de 14
La bonne littérature donne-t-elle du bon cinéma ? (Affiche : Warner Bros)
Gris c’est gris, et noir c’est noir ! Il y a peu de point lumineux dans Les âmes grises d’Yves Angelo, adapté du roman de Philippe Claudel, où décor, contexte et personnages se confondent dans une même obscurité. La boucherie de 14-18 fait rage. À quelques encablures du front, le suicide d’une institutrice (Marina Hands), puis le meurtre d’une fillette viennent troubler un peu plus la vie d’une petite ville frontalière. Un notable, le procureur Destinat (Jean-Pierre Marielle), pourrait être impliqué. L’enquête est aux mains du juge Mierck (Jacques Villeret) et d’un policier (Denis Podalydès). Mais dans cette lourde atmosphère de guerre, difficile de se forger la moindre conviction… Des acteurs de poids A la question la bonne littérature donne-t-elle du bon cinéma, chacun connaît la réponse : ça dépend. En collant à l’œuvre romanesque, la réalisation vise le grand film classique. D’un certain point de vue, elle touche au but avec, notamment, une lumière qui restitue à merveille la pesanteur du fond de l’air et une bande son nourrie des explosions lointaines du champ de bataille. En règle générale, la présence sourde des combats, les allées et venues des soldats, apportent un beau contrepoint aux détails de l’enquête et à l’affrontement des caractères. Malheureusement, ces qualités formelles ne suffisent pas. L’aspect éclaté de la narration et la lenteur lancinante du montage ressemblent plus à un effet de style qu’à une nécessité. Quant aux interprètes, pour monstres sacrés qu’ils soient, ils livrent une composition souvent fort appuyée. Gris c’est gris, donc. Jean Marc JACOB. (LPJ) 4 octobre 2005
Les âmes grises, d'Yves Angelo (1h46) avec Jean-Pierre Marielle, Jacques Villeret, Marina Hands, Denis Podalydès…
Sorti en France le 28 septembre 2005 Sur le site de Warner Bros
— Également à l’affiche : Gabrielle de Patrice Chéreau
Décidément, le cinéma français n’a pas l’humeur légère. Patrice Chéreau tire d’une nouvelle de Joseph Conrad un drame bourgeois qui a valu à Isabelle Huppert un prix à la Mostra de Venise. Gabrielle et son mari forment, aux yeux de tous, un couple accordé et aisé, tenant salon le jeudi. Mais une absence de quelques heures fait basculer les convenances et met à jour la nature profonde de leur relation. La caméra de Chéreau dissèque implacablement la violence et la douleur de ces scènes de la vie conjugale. Gabrielle est assurément un beau film, peut-être un peu trop conforme à ce qu’on peut en attendre et parfois un peu déroutant formellement. À voir pour la densité exceptionnelle de son interprétation. Gabrielle, de Patrice Chéreau (1h30) avec Isabelle Huppert, Pascal Greggory Sur le site de Mars Distribution (LPJ – 4 octobre 2005)
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