| Ecrit par LE CAIRE,
le 19-02-2008 00:00
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La privatisation grandissante de l’économie pose le problème de la protection des classes les plus démunies. Et malgré l’application de la loi sur la concurrence en 2005, de nombreuses lacunes subsistent Au cœur du débat La vente aux enchères la semaine dernière d’une cinquième et dernière licence pour la production de fer à béton porte à s’interroger sur l’efficacité et le respect de la loi pour la protection de la concurrence et la lutte contre les monopoles. Cette loi, appliquée en Egypte en 2005 est supposée créer un équilibre entre les acteurs de la privatisation de l’économie égyptienne. Le marché du fer à béton a soulevé plusieurs contestations après la vente sans mise aux enchères de 4 licences de production de fer à béton le mois dernier et l'octroi des nouvelles licences aux quatre poids lourds du marché, à savoir les sociétés Ezz Al-Dékheila, Tiba, Al-Masriya et Bechaï. La protection du marché a connu des améliorations depuis 2 ans. Plusieurs affaires ont été portées en justice : le dossier des producteurs de ciment a été déféré le 20 janvier dernier à la justice, les accusant de pratiques monopolistiques. D’autres dossiers importants comme ceux du fer, des produits laitiers, des huiles, sont à l’heure actuelle l’objet d’une enquête. Or, Hassan Qaqaya, président du département de la compétition de l’Union du commerce et du développement international auprès des Nations-Unies (UNECTAD), assure que la loi renferme néanmoins des lacunes permettant l’exercice de monopoles sans sanctions, puisqu’elle laisse possibles les élargissements verticaux et horizontaux d’activités. De même, les fusions et acquisitions ne sont pas surveillées même si elles concernent deux acteurs principaux d’un marché. La loi ne donne pas non plus au gouvernement le droit de scinder des entités monopolistiques et les amendes encourues ne dépassent pas les 10 millions de L.E.
L'expérience Turque Games OZ, professeur d’économie à l’Université du Moyen-Orient en Turquie, explique l’expérience de son pays en soulignant la différence entre le rôle des organismes dans les deux pays. Elle assure qu’avant toute privatisation, l’Organisme de protection de la concurrence turc procède à deux consultations. La première avant le lancement du processus, lors de laquelle lui sont présentées les entreprises candidates à un achat, et la seconde à la fin du processus, où le nom du vainqueur doit être approuvé. Les hommes d’affaires, les premiers concernés par la loi, assurent qu’il ne faut pas l’appliquer trop strictement car cela pourrait freiner le développement de grandes industries prometteuses. Omar Méhanna, président de la Chambre de commerce américaine et un des accusés du dossier du ciment, prévient : "L’application de la loi anti-monopole ne doit pas impliquer une guerre contre la hausse des prix et la réduction des profits des investisseurs. Car cela fera fuir les investissements étrangers d’Egypte, qui sont le seul moyen d’améliorer le niveau de vie des Egyptiens". Névine KAMEL. (www.lepetitjournal.com – Le Caire) mercredi 13 février 2008
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