| Ecrit par LE CAIRE,
le 20-02-2008 00:00
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Une décision de la Cour administrative donne le droit aux bahaïs de produire des documents officiels sans inscrire leur religion particulière. Les bahaïs en victoire Une victoire pour la petite communauté bahaï d’Egypte. La cour leur a finalement donné le droit de produire des cartes d'identité et des actes de naissance sans rien inscrire dans la case religion. Cette communauté, au nombre de 2000 adeptes était contrainte par l'Etat d’inscrire « chrétien » ou « musulman » dans la case religion. Faute de quoi ils étaient privés de tout document officiel avec le risque de vivre en marge de la société, à savoir ne pas pouvoir envoyer leurs enfants à l’école, officialiser leur mariage, ni encore trouver un travail.
Photo Wikipedia DR : Bahaullah alias Mirza Husayn Ali Nuri, Nouveau de Messager de Dieu pour les Bahaïs, Messie promis pour toutes les religions du monde Raison de la décision La cour, a donc fondé sa décision sur des considérations humaines en prenant soin de souligner que ce verdict ne signifiait pas une reconnaissance de la pensée bahaï. « Seules trois religions monothéistes sont reconnues en Egypte, l’islam, le christianisme et le judaïsme », a souligné la cour, justifiant son refus de la demande des bahaïs qui voulaient inscrire leur religion sur leurs papiers officiels. La cour a également ajouté que le bahaïsme ne constituait pas une confession ou une religion, mais « une pensée déviante et inadmissible ». Elle a expliqué que sa décision visait simplement à leur trouver une issue juridique et protéger ainsi leurs droits civils, mais aussi à les empêcher de « se faire passer pour des chrétiens ou des musulmans, alors qu’ils ne le sont pas ». Satisfaction générale ? Malgré tout, ce verdict a été accueilli avec satisfaction par les organisations de défense des droits de l’homme et des bahaïs eux-mêmes. L’Organisation Human Rights Watch y voit une victoire pour la liberté de croyance. Hossam Bahgat, président d’une ONG œuvrant dans le domaine des droits de l’homme, se félicite également du verdict en faveur des bahaïs dans lequel il reconnaît une rectification d’une politique gouvernementale basée sur la discrimination religieuse. Il rappelle que l’article 47 de la loi 143 de l’année 1994 sur le statut civil stipule que tout citoyen a le droit de changer ses informations personnelles, y compris la religion. Photo Wikipedia DR : Le Temple Bahaï de Haïfa, un des plus grands Cette joie n’est pas partagée par tout le monde en Egypte. Abdel-Moeti Bayoumi, membre du Centre de recherches islamiques d’Al-Azhar assure qu'il « est inadmissible de laisser la porte ouverte aux dérives de pensée et à des mythes qui portent atteinte aux religions monothéistes et à la sécurité sociale ». Le grand imam d’Al-Azhar, cheikh Mohamad Tantawi, ainsi que le Centre des recherches islamiques qui en dépend, ont toujours considéré le bahaïsme comme un ensemble d’enseignements qui contredisent l’islam, et les bahaïs comme des gens en perdition. Névine KAMEL. (www.lepetitjournal.com – Le Caire) vendredi 15 février 2008
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