|
Sa Majesté le Roi Bhumibol Adulyadej a approuvé hier le gouvernement soumis par le Premier ministre Samak Sundaravej qui avait pourtant qualifié ce cabinet "d’un peu vilain". 16 après le coup d’état qui l’avait renversé, le clan de Thaksin Shinawatra reprend les commandes du pays. Mais avec des seconds rôles à la barre Le nouveau Premier ministre thaïlandais Samak Sundaravej a dévoilé hier la composition de son gouvernement, laquelle confirme le retour du clan Shinawatra un peu plus de 16 mois après le coup d’état. Depuis son Palais, le Roi Bhumibol Adulyadej a avalisé dans l’après-midi le nouveau cabinet qui comptera pas moins de 6 Vice-Premiers ministres et deux ministres attachés au bureau du Premier ministre. Samak à la Défense pour garder un oeil sur les militaires Samak Sundaravej s’est attribué le portefeuille de la Défense en plus de son poste de chef du gouvernement, comme il l’avait annoncé la semaine dernière. Il est le troisième civil seulement à assumer cette fonction traditionnellement réservée aux militaires. Ces derniers avaient d’ailleurs placé tous les espoirs dans l’attribution de ce ministère à l’un des leurs. Mais Samak Sundaravej a indiqué qu’il préférait s’occuper personnellement des relations avec les militaires afin d’éviter tout nouveau putsch. Le ministre sortant de la Défense, Boonrawd Somtas a néanmoins prévenu Samak de ne pas trop interférer dans les affaires de l’armée... La famille et les amis de Thaksin aux postes clés De nombreux autres postes clés ont été attribués à des lieutenants de Thaksin Shinawatra. Ainsi son propre avocat, Noppadon Pattama, prend la tête du ministère des Affaires Etrangères, tandis qu’il défend l’ancien Premier ministre et sa famille dans deux affaires de corruptions engagées par le gouvernement précédent. Le beau-frère de Thaksin Somchai Wongsawat devient ministre de l’Education. L’ancien porte-parole du gouvernement Shinawatra, Surapong Suebwonglee, est nommé aux finances. Mais la nomination de ce médecin de formation, sans compétence en économie suscite des craintes dans les milieux d’affaires. "Il va lui falloir s’entourer de nombreux conseillers pour compenser son manque d’expérience économique", affirme Promon Suthiwong, Président du Board of Trade, un important groupe d’affaires thaïlandais. Les seconds couteaux faute de mieux De nombreux ministres étaient inconnus avant le coup d’état, surtout avant que la Cour Constitutionnelle nommée par les putschistes n’interdise d’activité politique 111 des principaux membres exécutifs du défunt parti Thai Rak Thai, privant la mouvance thaksinienne de ses éléments proéminents. Samak Sundaravej a d'ailleurs réaffirmé que son gouvernement considèrerait une amnistie pour ces personnalités politiques, dont Thaksin fait partie, mais seulement d’ici deux ans, "le temps que le climat politique soit davantage apaisé." Plusieurs analystes estiment que ce gouvernement va beaucoup souffrir du manque d’expérience, d’autant que de nombreuses nominations ressemblent à des gestes de gratitude envers ceux qui ont soutenu Thaksin durant le coup d’état et les mois de gouvernance militaire. Samak s’est par ailleurs plaint ouvertement des difficultés qu’il a rencontrées pour prendre ses propres décisions dans l’attribution des postes clés de ce gouvernement, mettant en évidence l’influence de Thaksin Shinawatra. Samedi, il avait qualifié son gouvernement "d’un peu vilain", indiquant qu’il n’avait été autorisé à changer que 12 noms seulement pour ajuster l’équipe selon ses goûts. "Ce cabinet n’est pas un peu vilain, il est très vilain”, estime Thawee Suraritikul de l’Université de Sukhothai Thammathirat. "Même si 100 personnes ont été bannies de politique, je pense qu’il était possible de trouver de meilleurs candidats pour plusieurs des postes", dit-il. Lire aussi notre article du 29 janvier 2008 Samak élu, Thaksin en vue et aussi notre article du 6 février 2008 Samak veut prendre le large vis-a-vis de Thaksin P.Q. (www.lepetitjournal.com Bangkok avec AFP) jeudi 7 février 2008 |