| Ecrit par Benoit Soilly,
le 05-02-2008 23:00
|
|
Le procès du scandale des hormones de croissance contaminées s’ouvre aujourd’hui à Paris. 111 enfants ont déjà été tués par la maladie de Creutzfeldt-Jakob transmise par les hormones qu’on leur avait injectées Ils sont morts, tués par une maladie dont ils ne connaissaient même pas le nom. Le procès des hormones de croissance contaminées s’ouvre aujourd’hui à Paris. Les familles attendent beaucoup de ce procès qui rappelle celui de l’affaire du sang contaminé. 111 personnes au moins sont aujourd’hui décédées de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) transmise entre 1983 et 1986 par des injections d’hormones de croissance pour faire grandir les patients, souvent très jeunes, qui étaient victimes de nanisme ou de gros problèmes de croissance. Ce bilan est provisoire puisque 800 personnes environ ont été traitées entre 1983 et 1985. Les patients vivent donc avec la crainte de contracter la maladie un jour. Sept médecins sont sur le banc des accusés pour homicides involontaires et "tromperie aggravée". Ils risquent cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende. Seulement aujourd’hui, les prévenus sont âgés. Deux d’entre eux ont même plus de 85 ans. Presque tous faisaient partie de l’association France Hypophyse créée en 1973. Elle avait pour but de collecter les hypophyses, glandes endocrines qui se situent à la base du cerveau, pour produire les hormones de croissance. En 1988, ces hormones ont été remplacées par des hormones de synthèses. De graves négligences Le scandale a éclaté en 1991, avec la plainte des parents du petit Yliassyl, un enfant décédé de la MCJ, plus connue en France sous le nom de la "maladie de la vache folle". Cette pathologie, apparentée à "un virus lent", détruit progressivement le cerveau. A la suite de cette plainte, une enquête judiciaire a pointé de graves dysfonctionnements dans le contrôle médical des collectes par France Hypophyse. Cela n’a pas empêché l’arrivée sur le marché de glandes bulgares en 1983, sans contrôle non plus. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni avaient pourtant, dès 1984, stoppé cette pratique et l’utilisation des hormones de croissance après des cas de patients contaminés par la MCJ. En plus des négligences, les avertissements du virologue Luc Montagnier, célèbre pour ses recherches sur le Sida, n’ont pas été entendus à l’époque. Dans une note, il demandait dès 1980 qu'"une attention particulière soit portée au danger de transmission de la MCJ". Il préconisait aussi d'écarter certains donneurs d'hypophyse "à risque". Il sera témoin au procès. Les familles espèrent comprendre pourquoi leurs fils, neveux et cousins sont morts. Elles attendent surtout des excuses. Benoît SOILLY. (www.lepetitjournal.com) mercredi 6 février 2008 En savoir plus : Le Figaro - Ce millier de patients qui vit avec l’épée de Damoclès Libération - Hormones de croissances, trois voix pour un procès
|