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POLITIQUE - Traité de Lisbonne : quel avenir pour la construction européenne ? |
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| Ecrit par CASABLANCA,
le 06-02-2008 00:00
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Jawad Kerdoudi, président de l'Institut Marocain des Relations Internationales (IMRI), commente la récente ratification du Traité de Lisbonne. Selon lui, le Maroc, très impliqué avec l’Union européenne par l’Accord d’Association de 1996 et par la Politique européenne de voisinage, a tout intérêt à coopérer avec un partenaire européen intégré et prospère
La construction européenne a été une véritable épopée qui a débuté il y a un demi-siècle en 1951 par l’institution de la Communauté européenne du charbon et de l’acier. S’en est suivis sur le plan institutionnel, la Communauté économique européenne en 1957, et l’Acte unique en 1986. Plusieurs Traités ont tous été ratifiés par la suite : Maastricht (1992), Amsterdam (1997) et Nice (2001). Pendant cette période, l’Union européenne a connu six élargissements, faisant passer le nombre de pays membres de six à vingt sept. Les derniers élargissements en 2004 et en 2007 ont vu l’intégration de dix pays de l’Est, qui faisaient partie de l’ancienne sphère soviétique. Sur le plan pratique, la construction européenne a permis l’établissement effectif de la libre circulation des marchandises et des services, des capitaux et des personnes, dans un vaste marché unique sans frontières. Elle a permis la définition de plusieurs politiques communes, notamment dans l’agriculture, et a favorisé la mise à niveau des régions pauvres de l’ensemble européen. Elle a réussi à établir une monnaie commune : l’Euro, partagée par quinze pays. Afin de pousser d’avantage la construction européenne, a été signé en octobre 2004 le Traité instituant une Constitution pour l’Europe. Ce Traité octroie la personnalité juridique à l’Union, réaffirme les valeurs et les objectifs de ses membres, et clarifie les rôles respectifs des institutions européennes : Parlement, Conseil et Commission. Mais l’innovation la plus importante, est la création de la fonction de Président du Conseil européen pour une période de deux ans et demi renouvelable, et celle de Ministre des Affaires étrangères de l’Union. Le Traité a tenté également d’améliorer le fonctionnement de l’Union, en élargissant les compétences de la majorité qualifiée, qui est atteinte lorsqu’elle réunit 55% des Etats membres et 65% de la population. Le Traité a préconisé également le renforcement de l’action de l’Union en matière d’affaires intérieures, de justice, et de défense. Pour être mis en vigueur, le Traité instituant une Constitution pour l’Europe devrait être ratifié par les Etats membres, soit par voie parlementaire, soit par référendum, au choix des Etats. Quinze Etats membres ont ratifié ce Traité, mais deux Etats fondateurs de l’Union : la France et les Pays-Bas, ont émis en 2005 un vote négatif. Ce vote négatif a été un coup dur pour la construction européenne et a ouvert une ère d’incertitudes et de doutes.
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