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DIPLOMATIE - Sarkozy à Bucarest, c'est déjà fini

Ecrit par Laurent Couderc, le 05-02-2008 00:00

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Visite brève mais dense. En quelques heures, le président français Nicolas Sarkozy n'aura pas chômé, comme à son habitude. Entretien avec son homologue roumain Traian Basescu, conférence de presse, entretien avec le Premier ministre Calin Popescu Tariceanu, discours d'environ trois quarts d'heure au Parlement et enfin petite allocution au Marriott devant la communauté française. Tout ça en moins de cinq heures

Au Palais présidentiel de Cotroceni, le président français a bien évidemment eu tous les honneurs. Et après avoir conversé pendant environ une heure avec Traian Basescu, les deux hommes ont donné une conférence de presse commune. "Nous avons discuté d'un partenariat stratégique entre nos deux pays dans les domaines politique, économique, culturel, de défense et de libre circulation des personnes (...) La France peut compter sur le soutien entier de la Roumanie quand elle prendra la présidence de l'Union européenne au second semestre 2008", a commencé par affirmer Traian Basescu.
"Ce partenariat, valable cinq ans, est le premier de la France avec un pays d'Europe centrale. Pourquoi la Roumanie ?... Tout simplement parce que la France a des relations historiques avec ce pays, et qu'elle est notamment son troisième partenaire commercial", a ensuite souligné Nicolas Sarkozy. Avant de rajouter : "La Roumanie, même si cela ne fait qu'un an qu'elle est entrée dans l'Union européenne, a le droit de prendre toute sa place en Europe. De son côté, la France a trop négligé l'Europe de l'Est, il faut qu'elle soit plus présente notamment dans le domaine de la défense ou de la coopération énergétique, et je pense en particulier au nucléaire." Occasion pour le président roumain de lancer un scoop : "À ce sujet, nous invitons Gaz de France à s'engager au sein du projet Nabucco (gazoduc de 3.300 km de long qui transportera le gaz en provenance du Moyen-Orient et d'Asie vers l'UE, ndlr)"..."Je vous remercie, c'est important pour la France", a répondu le président français s'adressant directement à Traian Basescu.

Un seul point de discorde
Selon Sarkozy, les deux hommes seraient, "dans l'ensemble, plutôt d'accord sur tout". Sauf sur une chose : l'indépendance du Kosovo. "L'indépendance du Kosovo est inévitable, et l'ensemble des Balkans ainsi que la Moldavie ont vocation à intégrer l'Union européenne" a soutenu Nicolas Sarkozy. De son côté, Traian Basescu a rétorqué que la Roumanie, "tout en voulant faire partie de la politique étrangère de l'Union, ne soutient pas l'indépendance du Kosovo". Pourquoi ? Et bien sans doute parce que le président roumain pense que cela pourrait donner des idées aux nationalistes magyares, par exemple. Il faudra donc en reparler.

Au Marriott
Après son discours au Parlement (voir ci-dessous), Nicolas Sarkozy s'est rendu au Marriott où l'attendait la communauté française. Il a commencé son discours en se référant au général De Gaulle qui, "il y a 40 ans, avait déjà compris l'enjeu de l'amitié franco-roumaine". Le président français a ensuite dit qu'il fallait "du concret et appronfondir les liens économiques avec la Roumanie". Sur l'expatriation, il a fait allusion à deux "bizarreries" : "Tout d'abord, il n'y a pas de raison qu'un Français paie pour faire ses études à l'étranger ! Et la deuxième bizarrerie, c'est que trop souvent les citoyens français vivant à l'étranger sont considérés comme des citoyens de seconde zone (...) Tu as été en Roumanie, l'Irak sera pour toi !"
Nicolas Sarkozy a également invité son auditoire à parler de son expérience à l'étranger, à dire que "concernant les 35 heures, aucun pays au monde ne nous a imité. Il faut libérer l'offre de travail, il faut que vous racontiez ce qui se passe ailleurs, je veux que la France se modernise !" À la fin de son discours, il a assuré que la France investirait "massivement dans les alliances et lycées français de l'étranger !".
L.C. Photo : J.M. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) mardi 5 février 2008

Discours au Parlement
Après s'être entretenu avec le Premier ministre Calin Popescu Tariceanu, Nicolas Sarkozy a prononcé un discours au Parlement roumain. En voici quelques extraits :

"C'est avec émotion que je prends la parole ici, dans ce lieu chargé d'une histoire qui a été douloureuse, mais qui témoigne aujourd'hui de la renaissance de la Roumanie, une Roumanie démocratique et européenne..." (applaudissements des députés roumains)
"Nos peuples attendent de nous davantage que des discours et des déclarations d'amitié. Ils attendent des actes. Ils attendent de nous que nous travaillions ensemble. Ils attendent de nous que nous avancions main dans la main..."
"Je considère que ma visite à Bucarest, le jour même où le Parlement français et le Parlement roumain vont prendre des décisions historiques pour relancer l'Europe avec le traité de Lisbonne est un symbole remarquable de la proximité entre la Roumanie et la France..." (Hier les députés et sénateurs français se sont réunis à Versailles pour discuter d'une modification de la Constitution française afin de l'adapter au traité de Lisbonne. De leur côté, les députés roumains ont adopté ce traité européen de Lisbonne juste après le discours de Nicolas Sarkozy. La Roumanie devient ainsi le quatrième des 27 États de l'Union à le ratifier après la Hongrie, la Slovénie et Malte, ndlr).
"Il n'est plus possible, dans l'Europe d'aujourd'hui, d'avoir 27 politiques d'immigration différentes (...) Nous devons fixer ensemble un cadre européen..."
"Aujourd'hui, plus que jamais, l'amitié franco-roumaine est une réalité (...) Moi-même étant fils d'immigré de l'Est, c'est avec une très grande émotion que je suis ici. Vive l'amitié entre la France et la Roumanie ! Vive la Roumanie ! Vive la France ! Et vive l'Europe !..." (applaudissements)

Vos réactions (2)
Posté par Isabelle, le 05-02-2008 06:55
Gratuité de l'école française
J'étais hier au Marriot avec la communauté française et ai écouté avec intérêt son projet de gratuité de l'école française. Or, nombreux sommes nous à vivre à Bucarest sous le régime de l'expatriation et à voir la scolarité de nos enfants prise en charge par notre entreprise. Certains paramètres seront à prendre en compte pour que cette mesure soit vraiment pertinente. 
De plus, si l'école française devient gratuite il sera difficile pour les entreprises de calculer la différence entre la scolarité américaine ou anglaise, et la française ; sur quoi se basera t on ?...
 
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Posté par M, le 05-02-2008 07:53
Pour Isabelle
L'école gratuite sera pour les français vivant à étranger. Si l'école est uniquement une "attitude" de différenciation la réponse est dans votre question : à vous le libre choix entre les différentes écoles et pourquoi pas l’école roumaine ? Le différence pour vous se réduit uniquement à une étiquette? Vous avez retenu autre chose du discours du Président ?
 
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