| Ecrit par Benoit Soilly,
le 04-02-2008 23:00
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Alors que les premiers Français ont été rapatriés du Tchad, le président Idriss Déby résiste toujours aux rebelles, retranché dans son bunker à N’Djamena. Portrait d’un président dictateur soutenu par le pays des Droits de l’Homme 
Le président Déby voit l'avancée des rebelles d'un mauvais oeil (AFP)Né en 1952 dans le nord du Tchad, Idriss Deby Itno, le président dictateur tchadien a été révélé aux yeux du grand public français dans l’affaire de l’Arche de Zoé. Aujourd’hui, celui qui règne sur le Tchad d’une main de fer depuis le 1er septembre 1990 est dans une posture délicate. En pleine crise de légitimité, Déby apparaît déstabilisé par la révolte des rebelles, composés d’anciens alliés, notamment de son neveu, soupçonnés d’être soutenus par le Soudan voisin. Depuis, Idriss Déby s’est retranché dans son bunker au sein de la capitale N’Djamena, proche de la frontière camerounaise. Hissène Habré, président du Tchad de 1982 à 1990, lui a mis le pied à l’étriller en politique. Il l’a vite regretté puisque c’est Idriss Deby lui-même qui l’a renversé, alors qu’il était son conseiller militaire. Membre de l’ethnie Zaghawa, le président dictateur Déby a créé le Mouvement Patriotique du Salut, parti qui règne sur la vie politique du Tchad. Élu président en 1996, réélu en 2001, puis en mai 2006 avec 64,67% des voix -après avoir changé la constitution qui limitait à deux le nombre de mandats présidentiels, Idriss Déby avait jusqu’ici résisté aux mouvements rebelles qui avaient tenté de le renverser plusieurs fois, malgré les accusations de fraudes électorales. Des relations ambiguës avec la France Idriss Déby Itno a fait des études de pilote professionnel en France et obtenu son diplôme en 1976. Il a notamment étudié à l’École supérieure de la guerre à Paris, à la fin des années 1980. En 1990, il est arrivé au pouvoir avec l’aide des forces françaises. Depuis, son régime sanguinaire a fait des milliers de morts chez ses opposants. Passant outre, la France a signé des accords de "coopération militaire technique" avec le Tchad, mais pas de défense. Paris a donc simplement condamné "l’agression" des rebelles contre "le gouvernement légitime". Les rebelles accusent, eux, la France de "jouer la montre" afin que Déby s’organise pour riposter. Idriss Déby pourra-t-il encore une fois compter sur le soutien des forces françaises? Le président a toujours entretenu des relations ambiguës avec la France, où son fils et successeur désigné, Brahim Déby, a été assassiné à 27 ans, en mai 2007, à Courbevoie (Hauts-de-Seine). Aujourd’hui, la situation d’Idriss Déby est délicate. Les rebelles ont quitté la capitale, apparemment pour laisser la population s’enfuir, mais ils risquent bien d’attaquer une nouvelle fois la ville. L’armée française a sécurisé l’aéroport de N’Djamena pour faire évacuer ses ressortissants. Le Conseil de Sécurité de l’ONU a condamné les attaques rebelles contre le gouvernement tchadien et appelé les États membres à apporter leur soutien au gouvernement dans une déclaration non contraignante adoptée hier. Nicolas Sarkozy a lui appelé à soutenir le gouvernement tchadien. Si Idriss Déby parvient à conserver le pouvoir une nouvelle fois, cela sera vraiment grâce au soutien international. Ce conflit laissera de toute façon des séquelles dans un pays plus que jamais divisé. Benoît SOILLY. (www.lepetitjournal.com) mardi 5 février 2008 En savoir plus : Le Monde - Idriss Déby Itno, un chef de guerre devenu président Le Point - Retour sur le parcours du président tchadien
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