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Avant la fermeture de la frontière, l'Egypte bloquait l'accès au Sinaï L'armée égyptienne vient d'annoncer la fermeture totale de la frontière entre l'Egypte et la Palestine à Rafah, après plus de dix jours de liberté de circulation pour les Palestiniens. Ce week-end, la confusion régnait parmi les nombreux palestiniens bloqués à l'entrée du canal de Suez. L'Egypte a annoncé hier la fermeture totale du mur de Rafah, suite à la réunion qui s'est tenue ce week-end au Caire. La semaine dernière, les brèches avaient permis à des centaines de milliers de palestiniens de se ravitailler et de rendre visite à leurs familles. Bien que le gouvernement égyptien ait prévenu de sa décision en déployant l'armée dans le Sinaï, les rumeurs entretenaient la confusion ce week-end. Maîtriser les flux en bloquant l'accès au Sinaï Au check-point du pont El-Salam à Ismaïlia, jeudi soir, les policiers avaient des instructions strictes. Afin de maîtriser les flux dans le Sinaï, seuls les Egyptiens pouvant prouver qu'ils habitaient dans le Sinaï étaient autorisés à traverser le canal de Suez. Ainsi, les palestiniens du Caire étaient priés de rebrousser chemin. Officiellement, deux brèches restaient pourtant ouvertes.
Photo : Benjamin Wiacek : Service d'ordre à Rafah la semaine dernière, suite à l'ouverture de la frontière Hamâd, un Palestinien de Rafah, affirme par téléphone que « la frontière est encore ouverte, il n'y a aucun problème pour passer ». Au même moment, les policiers en poste au pont El-Salam prétendent que la situation devient dangereuse à El-Arish, et refusent de prendre la responsabilité de laisser passer des étrangers, des palestiniens, ou des cairotes. La contradiction entre les annonces officielles et les informations depuis Gaza entraîne l'incompréhension parmi les palestiniens refoulés. Parmi eux, Bahsel et Hussam, deux étudiants à l'université du 6 Octobre, ont déjà franchi le mur la semaine dernière pour voir leurs familles. « Cette fois, ça ne sera que pour quelques heures », précise Hussam. « J'ai déjà perdu deux ans de ma vie à Gaza, je ne veux pas prendre le risque de m'y retrouver coincé ».
Chemins parallèles et escroqueries Face à la déception des refoulés, certains s'improvisent passeurs. Des tuc-tucs promettent de faire passer le pont par des chemins parallèles, moyennant 200 livres, sans préciser exactement par quel biais. Bahsel et Hussam décident de tenter l'aventure, mais l'opportunité se transforme en escroquerie. Les passeurs réclament finalement 600 livres, et volent une valise face à leur refus de payer. Pour autant, pas question pour eux d'aller se plaindre à la police. A El-Marg, la station de microbus du Caire, les chauffeurs sont plus modérés, conscients des contrôles opérés. Vendredi soir, il était difficile de trouver un chauffeur pour El-Arish. Tous demandaient à voir les passeports des passagers, rares étaient ceux qui affirmaient pouvoir emprunter sans problème des chemins officieux. Elsa FOUCRAUT. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) 5 février 2008 |