| Ecrit par BUDAPEST,
le 05-02-2008 00:00
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Dans la sélection du 39e Festival du film hongrois qui se termine aujourd'hui, Lanyok (Filles) est interprété par deux actrices françaises. Basée sur un fait divers qui a marqué les esprits en 1997, cette première oeuvre d'Anna Faur traite de la déchéance de deux adolescentes de Budapest. LPJ a rencontré la jeune réalistrice ainsi que Fulvia Collongues, l'une des deux actrices principales
Fulvia Collongues et Hélène François, héroïnes de Lanyok (photo Eszter Gyarfas pour Hunnia Filmstudio) LPJ : Comment deux actrices françaises deviennent-elles les héroïnes d'un film hongrois se déroulant à Budapest ? Fulvia Collongues : Lors d'une soirée culturelle à Budapest, Anna est venue me parler, et physiquement je correspondais à ce qu'elle recherchait. Une semaine après j'ai été contactée pour passer un casting, lors duquel elle m'a fait travailler les scènes les plus difficiles. J'ai adoré l'univers et le scénario d'Anna Faur. Son énergie et sa rapidité m'ont donné envie de jouer, surtout après trois ans d'art dramatique. Anna Faur : Quand j'ai vu Fulvia j'ai été sûre de mon choix. J'ai essayé de la faire jouer avec des actrices hongroises, mais la complicité n'y était pas. C'est là que je lui ai demandé de me proposer d'autres actrices françaises de son âge. J'ai invité Hélène François pour une répétition, j'aimais son apparence car elle représente une mixité culturelle visible à Budapest, elle aurait pu être tzigane. En plus ça fonctionnait bien avec Fulvia. LPJ : Fulvia, quel impact ce film hongrois peut-il avoir sur votre carrière en France ? F.C. : En réalité il n'y a pas de version française. Aussi puisque le film n'est pas encore sous-titré, il n'est pas très vendeur pour moi. Mais les scènes étant particulièrement difficiles à jouer, cela montre ce que je suis capable de faire. LPJ : Anna, comment avez-vous réussi à diriger des actrices étrangères ? A.F. : Premièrement, les actrices se sont bien approprié le script. J'avais également un traducteur à mes côtés pour m'aider à saisir leur jeu et les diriger. Mais vous savez, la barrière de la langue n'a pas été un gros problème. Il y a d'autres manières de communiquer. LPJ : Qu'est-ce qui vous a inspiré une atmosphère si sordide ? Et pourquoi ? A.F. : De fait, quand j'avais le même âge que les personnages du film, j'étais une adolescente difficile... Un jour avec mes amis nous avons volé une voiture et eu un accident. Je me suis retrouvée en maison de correction pendant un an. C'est en ce sens que mon film a non seulement une dimension autobiographique mais parle également d'une génération. Ce fut une période importante de ma vie, c'est pour cela que j'ai choisi cette histoire. Il y a aussi dans ce film quelque chose à propos de la Hongrie. Si on ne trouve pas énormément d'humour dans une partie du cinéma hongrois, c'est parce qu'il reflète l'insatisfaction et la déprime des gens ici. LPJ : Comment, en tant que jeune réalisatrice, avez-vous trouvé les fonds nécessaires pour faire votre film ? A.F. : Il y a une organisation gouvernementale, le MMK (Fondation du Cinéma Hongrois), qui subventionne les productions hongroises. C'est cet organisme qui a entièrement financé mon film. Il y a 3 ans le gouvernement a adopté une loi pour soutenir le cinéma hongrois, on investit dans ce secteur et cela permet des réductions d'impôts. Mais l'Union européenne veut abroger cette loi qu'elle juge trop protectionniste. Ce serait très mauvais pour l'industrie cinématographique hongroise qui, ces dernières années, a été relancée grâce à cette initiative. Propos recueillis par F. Gaillard et W. Brown. (www.lepetitjournal.com - Budapest) mardi 5 février 2008
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