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Dominique de Villepin a annoncé hier une série de mesures en faveur de l’enseignement supérieur et de la recherche. D’ici 2010, l’effort public en faveur de la recherche devrait atteindre 24 milliards d’euros par an, soit une hausse de 26% par rapport à 2004
Depuis fin 2003, les chercheurs réclament des mesures pour développer la recherche française( Photo : AFP )
Mieux vaut tard que jamais. Près de vingt mois après le mouvement de grogne des chercheurs, décidés à "sauver la recherche" française, le Premier ministre Dominique de Villepin a présenté hier une série de mesures en faveur de l’enseignement supérieur. Des dispositions attendues depuis que Jacques Chirac, en janvier 2004, avait promis un "plan national" destiné à replacer la France dans le peloton de tête des grandes nations scientifiques.
Le futur projet de loi sur la Recherche, dont le chef du gouvernement a présenté les grandes lignes hier, prévoit de porter l'effort public en faveur de la recherche et de l'enseignement à 24 milliards d'euros d’ici 2010, en pérennisant l’augmentation d’un milliard par an initiée en 2005 par le gouvernement Raffarin. Cela représente "une progression de plus de 26% par rapport à 2004", selon le gouvernement.
Le Premier ministre a également annoncé une revalorisation de 8% des allocations des jeunes chercheurs en 2006 et 2007 et la création d’une "Ecole d'économie de Paris", dotée de 10 millions d'euros, qui associera plusieurs universités parisiennes prestigieuses. Enfin, un "schéma national d'orientation" doit être élaboré pour prévenir les échecs d'orientation entre le lycée et l'enseignement supérieur. Aujourd’hui, la moitié des étudiants en effet n'achèvent pas le DEUG dans lequel ils se sont inscrits au départ.
110 millions pour réhabiliter les bâtiments vétustes
A plus court terme, une enveloppe de 110 millions d'euros doit être débloquée pour améliorer la sécurité des bâtiments universitaires les plus vétustes et favoriser l'attribution de bâtiments publics à la construction de logements étudiants. "La première demande des étudiants comme des enseignants, c'est l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail", a assuré le Premier ministre.
Côté réactions, les syndicats et les représentants des mouvements de chercheurs s’efforçaient hier de temporiser, attendant que ces mesures annoncées se concrétisent sur le terrain. "Lorsque le Premier ministre propose que l'effort en faveur de la recherche atteigne 24 milliards en 2010, c'est bien, mais c'est plus que ce que préconisent les directives européennes. Moi, ça me paraît un peu louche", a souligné le secrétaire général du Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS-FSU, majoritaire) Jacques Fossey.
Officiellement, le projet de loi doit être déposé au Conseil économique et social dans les prochains jours, et présenté au Conseil des ministres à la mi-novembre. Mais depuis le mois d’avril, la date a été reculée à plusieurs reprises.
Valentin BONTEMPS (LPJ). 30 septembre 2005
Un budget 2006 lié au bon vouloir de la croissance
Le budget 2006 approuvé mercredi par le conseil des ministres a par ailleurs suscité de nombreuses critiques, hier, à gauche comme à droite. Mis à part une hausse sensible du portefeuille accordé à la cohésion sociale (+ 4.5 milliards d’euros) et à la recherche (+ 1 milliard), les grandes lignes de ce nouveau budget sont en ligne avec le précédent. Les dépenses s’établissent à 276 milliards, les recettes devant atteindre 257,7 milliards. Mais beaucoup jugent l’objectif de croissance (2,25%) sur lequel se base ce budget très optimiste. Selon les économistes, en effet, ce dernier devrait s’établir à 1,8%. A gauche, le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a qualifié ce budget de "prix Goncourt de la tartufferie". Dans la majorité, l'ancien premier ministre Edouard Balladur (UMP) a réclamé "un effort plus grand de réduction des dépenses publiques". (LPJ - 30 sept 2005)