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ECONOMIE - Pas de développement sans paysan Suggérer par mail
mercredi 06 février 2008

Un rapport publié par la Banque Mondiale, intitulé "Agriculture pour le développement", estime que la solution pour tous les pays en voie de développement réside dans l’agriculture


Méthodes d'aujourd'hui identiques à celles de jadis... (Photos Wikipédia DR)

En Egypte, l'agriculture est délaissée alors qu’elle regroupe 34% de la main d’œuvre, soit 5,2 millions de paysans. Pourtant c'est dans ce secteur que l'on trouve le noyau de pauvreté le plus important, avec 60% des Egyptiens les plus démunis qui vivent dans les régions rurales.
De nombreux films égyptiens se sont attardés sur la dureté du mode de vie du paysan, sur les conditions très difficiles du travail des champs, mais cela ne constitue qu'un aspect de la réalité. "La dite réforme du secteur agricole avec la promulgation de la loi agraire de 1992 a profondément bouleversé la vie des paysans. Beaucoup d'entre eux ont été chassés de leurs terres", souligne Karam Saber, directeur du centre Al Ard pour les droits de l’Homme.
Ce texte mis en oeuvre à partir de 1997 a annulé les contrats de location à bas prix et à vie - transmissibles aux héritiers - institués à l’époque de Nasser. Selon un rapport du centre Al Ard, il a eu pour effet de chasser un million de paysans, incapables de payer aux propriétaires les nouveaux loyers. Cela fait, en comptant les familles, cinq à six millions de personnes.
Et le sort continue de s’acharner sur eux. Mohamed Abdel Ghani continue par exemple à lutter pour garder ses 2 feddans. "Je l'ai reçu par décision gouvernementale du temps de Nasser pour avoir participé à la  guerre au Yemen. Aujourd'hui le ministère des Wakfs veut me chasser".

Corruption
Mais ce n'est pas tout : les engrais dont le prix est fixé par l’Etat à 35 LE les 50 kilos se vendent en réalité à 120 LE. "La différence tombe dans les poches des commerçants qui sont en cheville avec les responsables du ministère de l’Agriculture. Beaucoup disparaissent d'ailleurs au marché noir. Comment se fait -il qu'un pays qui produit 15 millions de tonnes d’engrais et dont la consommation locale n’en absorbe que 7 millions fait face à un manque d’engrais", se demande Karam Saber.
Un autre défi semble effectivement émerger, celui de l’autosuffisance alimentaire. En fait, l’Egypte est un pays très importateur des produits alimentaires, avec une facture qui ne cesse de s’alourdir et qui atteint environ 4,5 milliards de dollars. "Toute augmentation pèse le plus sur les plus pauvres qui dépensent entre 80 et 90% de leurs revenus dans l’alimentation", souligne Gamal Seyam, professeur d'économie agricole à la faculté d’agriculture et conseiller au Centre des études économiques agricoles.
Ibtessam ZAYED. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) mercredi 6 février 2008

 
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