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Le procureur général a décidé la semaine dernière de déférer les entreprises de ciment oeuvrant sur le marché égyptien devant la justice. Elles risquent des amendes de 10 millions de L.E.
(Photo DR : Cimenterie)
Après trois mois d’enquête, le procureur général Abdel-Meguid Mahmoud a accédé à la demande de l’Organisme de protection de la compétition et de lutte contre le monopole, en décidant de déférer devant la justice toutes les entreprises de ciment accusées de monopole. A savoir : les entreprises de Suez, Torah, Hélouân, Alexandrie, Beni Souef, Al-Amreya, Assiout, Al-Masreya, Misr Quéna, Sinaï, Misr Béni Souef et Al-Quawmeya. Ces entreprises risquent des amendes de 10 millions de L.E. L’organisme avait conclu, après enquêtes, que ces sociétés sur le marché égyptien exerçaient des pratiques monopolistiques. Les 3 dernières années, ces sociétés, qui se partagent quasi équitablement le marché égyptien du ciment, n’ont pas cessé d’exercer des manœuvres pour augmenter les prix et multiplier leurs profits. La tonne de ciment est ainsi passée de 280 en 2005 à 340 L.E. en 2006. Pour atteindre un plafond record de 450 L.E. en septembre 2007 avant de redescendre à 350 L.E. aujourd'hui. Parallèlement les profits des sociétés ont augmenté de 40 à 100 %. En août 2006, les exportateurs de matériaux de construction conviennent de ne pas manipuler ni hausser le prix de la tonne de ciment. Mais malheureusement, ils n'ont pas tenu leur promesse. Le ministre du Commerce et de l'Industrie s'est trouvé obligé d'imposer un droit de douane de 65 L.E puis de 85 L.E. sur chaque tonne exportée. Les entreprises persistent dans leurs manipulations Et, c'est ainsi que l’Organisme de protection de la compétition et de lutte contre le monopole a dû en décembre 2007, accuser les entreprises d'exercer un monopole et le ministre a présenté le dossier au procureur général. Après avoir écouté les paroles des 4 experts économiques et les juristes de l'organisme, du conseiller de l'organisme d'investissement et du Président de la chambre des matériaux de constructions, le procureur général a jugé coupables 20 responsables des entreprises nommées. Des noms illustres figurent parmi cette liste : Nasef Sawires, membre délégué d'Al Masreya pour le ciment, Hassan Rateb, PDG du Sinaï pour le ciment, Nabil el Gabri, président d'Al-Qawmeya pour le ciment, la seule entreprise publique restante sur le marché. Un véritable choc pour les entreprises du ciment. Ces dernières ont toutes subi un choc boursier le lendemain de la décision. L'action des deux entreprises, Misr Beni Souef et Al-Wadi pour le ciment par exemple a enregistré une chute de 4,7%. Celle d'Al-Qawmeya de 4,9% aussi bien que les actions de toutes les autres entreprises qui ont enregistré des chutes entre 0,5% et 4%. De leur côté, les accusés assurent qu'ils vont présenter les preuves de leur innocence en affirmant qu'ils n'ont jamais exercé des mesures monopolistiques mais que ce sont les équilibres des marchés internationaux qui ont mené à la hausse des prix. Omar Méhanna, président de la société Suez pour le ciment, nie la présence d’un accord entre les entreprises. "Suez pour le ciment vend la tonne à 332,5 L.E. depuis 1979", avance-t-il. Pour lui, c’est l’avidité des commerçants et des distributeurs qui a entraîné les hausses. Nabil Al-Gabri, président d'Al-Quawmeya assure que son entreprise est une entreprise publique, et en conséquence, elle doit être loin de toute accusation. Dans l'autre camp, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Rachid Mohamad Rachid, a salué la décision du procureur, soulignant qu’elle donne de la crédibilité à l’organisme dans son premier procès. Il a ajouté que le gouvernement est soucieux de faire face à toutes les mesures monopolistiques qui menacent la stabilité du marché. Et c'est ainsi que les investisseurs étrangers auront confiance dans le marché égyptien et pas le contraire comme l'assurent les présumés coupables. Névine KAMEL (www.lepetitjournal.com - Le Caire) jeudi 7 février 2008 |