Ste Raïssa - MÉTÉO Sore (40) - Eclaircies (13°/27°) - CHANGE hier, un euro valait 1,43 USD - CAC 40 en baisse de 3,22 % (4.304,01pts). Vous êtes 132.638 à nous lire chaque jour dans le monde, merci.
Le rire de l’ogre, le nouveau livre de Pierre Péju, retrace le parcours d’une vie. Des souvenirs de la seconde guerre à notre XXIe siècle, son héros mêle les secrets de son propre itinéraire aux ondes de chocs et aux noirceurs de l’Histoire
Pierre Péju écrit les tourments d’une génération de paix. (photo : C. Hélie Gallimard)
Après le grand succès de La petite Chartreuse (Prix du livre Inter 2003, 250.000 exemplaires vendus, adaptation cinématographique réussie), Pierre Péju revient avec un roman grand angle. Le rire de l’ogre s’étend en effet sur une longue période. Au début des années 60, Paul Marleau, un jeune Français, est accueilli par son correspondant dans la petite ville allemande de Kehlstein.
Là, il rencontre Clara, farouche et rivée à l’objectif de sa caméra. Il est aussi confronté aux réminiscences de la guerre, via l’histoire du père de l’adolescente, ex-médecin militaire dans la Wehrmacht. Au fil des années, Paul et Clara se manquent et se croisent. Elle devient photographe de guerre, il devient sculpteur. L’Algérie, 68, les avortements clandestins, la fièvre créatrice… Les événements d’un siècle s’enchevêtrent dans leurs parcours vers un bonheur difficile, empêché par un poids enfoui. Classicisme sombre Sur cette trame à la fois ambitieuse et convenue, Pierre Péju compose avec fermeté un roman aux recoins sombres. Toute la vie de ses personnages est agitée par l’onde noire des monstruosités du nazisme. Les pages évoquant les exécutions massives et le rôle de simples soldats pris dans le tourbillon du pire sont évidemment bouleversantes. Pourtant, la force du livre est de montrer des héros d’une génération de paix, marqués par la mort de façon sourde, indirecte et finalement peu spectaculaire. Les symétries de prénoms, ou les images d’enfants guidés par des adultes constituent des motifs très habilement imbriqués. Le rire de l’ogre pèche parfois par un excès de romanesque. Les pages sur la sculpture, ou l’opposition des figures féminines, semblent par exemple tirées d’un autre âge. Malgré cela, Pierre Péju signe un roman classique, grave et très recommandable. Jean Marc JACOB. (LPJ) 30 septembre 2005
Le rire le l’ogre – Pierre Péju (Gallimard) – 310 pages – 18 euros
Egalement en librairie : Jean-Pierre Milovanoff, Philippe Meyer, Laurent Sagalovitsch Laurent Sagalovitsch a écrit un des bouquins les plus drôles de la rentrée. Il raconte dans Loin de quoi ? (Actes Sud) l’installation à Vancouver de Simon, 31 ans, un hypocondriaque de première catégorie, fou de foot et de Temesta, harcelé par les mels délirants de sa famille parisienne. Il y a du Woody Allen chez cet écrivain de la dépression burlesque, qui a une manière toute personnelle et réjouissante de décrire le temps qu’il fait. Le genre de roman qui devrait ne jamais s’arrêter !
Le pays des vivants de Jean-Pierre Milovanoff (Grasset) est un roman qui prend plaisir à raconter une histoire et à créer décors et personnages hors normes. Un homme qui tente d’échapper à la police est à la recherche de Kochko, un ancien boxer exilé dans un coin isolé du Massif central. Faute de trouver réellement son ami, il aura l’occasion de remonter le fil de son histoire et de faire connaissance avec Faustine, une ancienne chanteuse et Bichon, le fossoyeur philosophe et un peu fou de la commune. Un peu fou aussi Philippe Meyer qui signe avec Brusque chagrin (Editions de Fallois) son premier roman. On retrouve dans cette histoire d’amour malheureuse, où François court après Libellule, le ton grave et badin de l’homme de radio. Le récit est nourri de tant de digressions et anecdotes du quotidien qu’on croirait lire une version longue de La prochaine fois je vous le chanterai, son émission musicale du samedi sur France Inter. (LPJ – 30 septembre 2005)