| Ecrit par BUDAPEST,
le 29-01-2008 00:00
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Avez-vous déjà vu une peinture d'Adam et Eve ? Et de la sainte famille ? Les avez-vous vus comme des tziganes dans leurs cabanes toutes colorées ? Si non, il faut absolument que vous vous rendiez à la Galerie Nationale pour voir l'exposition des vingt artistes contemporains tziganes et hongrois Teréz Orsós, Portrait familial - Connaissons l'image de soi ! (photo LPJ)
Au début des années 70, un mouvement tzigane intellectuel est né en Hongrie. On a découvert quelques écrivains, poètes (Menyhért Lakatos, Károly Bari), peintres autodidactes, dits naïfs (János Balázs, Tamás Péli) qui ont exprimé avec authenticité l'existence et la conscience tziganes de l'intérieur. La première grande exposition a eu lieu en 1979, et les suivantes se sont succédées tous les dix ans. Le nombre de peintres gitans a augmenté et est passé à cinquante. L'exposition actuelle à la MNG (Galerie Nationale Hongroise) fait partie de la collection du Musée Ethnographique, de l'Institut Culturel Hongrois et du centre Romano Kher de la mairie. Elle donne une image forte et crédible de la réalité de cette communauté. L'art pictural rom Qu'y a-t-il de commun entre les œuvres des vingt artistes exposés ? C'est surtout la présence des couleurs claires, vibrantes sur les toiles toujours figuratives. Elles nous font penser à une force vitale puissante et à la joie de vivre qui existe au coeur de la plus grande misère. Ce ne sont pas seulement les peintures de vingt artistes contemporains qui nous sont présentées dans cette exposition, mais aussi vingt histoires personnelles et peut-être vingt destins qui ont des points communs aussi bien dans le 8e arrondissement de Budapest que dans les petits villages de province. Certains extraits des autobiographies sont très drôles, d'autres grotesques, certains choquants, tragiques et injustes. Il y perce même la déception. Mais chacun exprime le désir profond de peindre et manifeste un talent qui fait planer les artistes au-dessus du quotidien. Tous sont sincères, et dans ces fragments qu'illustrent les images, on peut voir une grande histoire mal connue, pleine d'errances, de merveilles, de mythes, d'obstacles. Cette exposition nous offre un voyage fantastique. Elle peut aussi nous donner les clés pour comprendre et mieux connaître une minorité importante en Hongrie. Il est bien dommage et presque incompréhensible qu'il n'y ait presque pas de publicité, ni de brochures, ni de cartes postales sur cette exposition à la boutique du musée … Aussi profitons des derniers jours qui restent encore et rendons-nous au château pour cette expérience ! A. IVAN. (www.lepetitjournal.com - Budapest) mardi 29 janvier 2008
Magyar Nemzeti Galérie, jusqu'au 31 janvier
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