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Page 1 sur 2 La Thaïlande a un nouveau Premier ministre. L’assemblée législative a élu hier Samak Sundaravej. A 72 ans, ce vétéran de la politique n’a jamais caché qu’il œuvrait pour le compte de Thaksin Shinawatra. Et tout porte à croire que sa prise de fonctions à la tête du gouvernement est synonyme de retour aux affaires de l’ancien Premier Ministre Samak Sundaravej a surmonté les doutes sur ses capacités et ses manières abruptes en faisant ouvertement campagne en tant qu’émissaire de Thaksin Shinawatra (Photo Eric Eustache)
Hier, au Parlement, les députés ont élu Samak Sundaravej Premier Ministre avec 310 voix favorables contre 163 pour son rival le démocrate Abhisit Vejjajiva. Ce personnage haut en couleurs (voir notre encadré en page 2) entrera dans ses fonctions une fois que le Roi Bhumibol Adulyadej aura avalisé son élection, une formalité qui pourra prendre quelques jours. Son gouvernement devrait être prêt d’ici le 6 février, selon lui, "juste avant le début du nouvel an lunaire". Et il a d’ores et déjà promis de constituer une équipe de choc aux affaires économiques. "La personne qui deviendra ministre des Finances est quelqu’un de capable, intelligent et professionnel", a-t-il affirmé sans donner davantage de précisions. Après le vote, Samak Sundaravej s’est dirigé vers un marché populaire pour acheter des provisions en disant aux journalistes : "Il n’y aura pas de fête. Je vais retourner à ma vie normale." Renvoyer les militaires dans leurs casernes et ramener Thaksin aux affaires A 72 ans, ce vétéran de la politique avait promis de défaire les militaires et de ramener Thaksin Shinawatra en Thaïlande malgré les accusations de corruptions dont l’ancien Premier Ministre fait l’objet. Il a rempli sa mission : un coup d’état et seize mois de gouvernance militaire n’auront pas réussi à déboulonner le camp de Thaksin et ce dernier a fait savoir la semaine dernière qu'il rentrerait en Thailande en mai (notre article du 25 janvier). Les militaires royalistes qui ont mené le putsch de septembre 2006 ont pourtant tout donné pour éradiquer la machine politique thaksinienne. A la mi-2007, le parti Thai Rak Thai a été dissout, 111 membres exécutifs interdits de scène politique pendant 5 ans, dont Thaksin lui-même, et 2 milliards de dollars de la fortune de ce dernier ont été gelés. Mais depuis son exil Londonien, Thaksin Shinawatra, qui a su conserver une forte popularité en Thaïlande - et des ressources financières - a sollicité Samak Sundaravej. Il lui a demandé de rassembler ses partisans sous la bannière d’un petit parti, le Palang Prachachon, ou Parti du Pouvoir du Peuple (PPP). Cette alliance soudaine a surpris sur le moment. Les deux hommes avaient travaillé ensemble en 1995 en tant que vice-Premiers Ministres. Mais ils se chamaillaient si intensément que le Roi Bhumibol Adulyadej avait dû les convoquer pour les réprimander afin qu’ils se tiennent tranquilles. Marionnette consentante de Thaksin Avec son style pour le moins agressif, Samak Sundaravej a finalement réussi à fédérer les alliés politiques de Thaksin. En quelques mois, il a su rassembler un carré complet de 480 candidats à la chambre basse du Parlement, ne laissant pas une seule circonscription de vide. Le 23 décembre dernier, le PPP a remporté 233 sièges, terminant à deux doigts de la majorité absolue. Aujourd’hui, l’élection de Samak Sundaravej à la barre du gouvernement consolide donc le spectaculaire retour politique de l’ancien Premier ministre Shinawatra, seize mois après le coup d’état de septembre 2006 qui avait renversé ce dernier. Selon les observateurs, c’est bel et bien Thaksin qui va diriger le pays. "Au jour le jour, Samak jouira d’une certaine autonomie grâce à son expérience et sa propre envergure, estime Thitinan Pongsudhirak, analyste politique à l’Université de Chulalongkorn. Mais sur la direction générale, poursuit-il, Thaksin sera incontestablement celui qui déterminera les principales orientations du gouvernement de Samak". Pierre QUEFFELEC. (www.lepetitjournal.com – Bangkok avec AFP) mardi 29 janvier 2008
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