| Ecrit par LE CAIRE,
le 28-01-2008 23:00
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Gilles Leroy, prix Goncourt 2007 pour son roman Alabama Song, est un des auteurs invités du Pavillon français pour la Foire du livre 2008. Il nous dévoile les secrets de son art 
Gilles Leroy (Photo Marion Guénard)
Comment est née votre vocation d’écrivain ? Ma mère était passionnée de lecture et grâce à elle, j’ai pu découvrir les grands auteurs classiques comme Racine et Molière. J’aimais la fiction et j’ai eu envie de la reproduire. A l’adolescence, j’ai voulu traduire mes sentiments et mes pensées en mots. Que ressentez-vous lorsque vous écrivez ? Divers sentiments qui parfois se contredisent. Il y a des jours difficiles, où les choses résistent et alors on s’angoisse. Il y a aussi de la joie. Mais pour y arriver, parfois il faut traverser des semaines de doutes. Quand j’approche de la fin, je ressens une énorme tristesse, parce que j’ai vécu avec mes personnages pendant neuf mois ou un an, et puis tout est déjà fini. Avez-vous besoin de conditions particulières pour écrire ? A priori, j’écris chez moi. Il me faut du silence. C’est la condition pour écrire. Avant, je prends des notes. L’histoire d’Alabama Song me hantait depuis une vingtaine d’années : j’avais beaucoup de notes sur les personnages de Zelda et de Scott. Et il faut beaucoup de discipline. Quand j’écris, je m’assois devant l’ordinateur et j’écris tous les jours. Parfois quand je n’écris pas, je me sens mal, car j’ai l’impression de perdre un temps très précieux. Vous lisez quand vous travaillez sur un roman ? Je ne lis pas quand j’écris. Ecrire, c’est se bagarrer avec les mots. Alors c’est difficile d’entrer dans le langage d’un autre auteur. Et puis quand on écrit, on est dans son histoire et on n’est pas disponible pour l’histoire d’un autre. Il y a un temps pour lire et un temps pour écrire. Pourquoi écrivez-vous ? Je suis sensible à la façon dont l’existence est organisée. Pour moi, c’est le chaos. A travers l’écriture, on cherche un sens à la succession désordonnée des événements. Ce qui m’intéresse, c’est de transformer la matière brute de la vie de tous les jours en matière artistique. Le lecteur peut donc, à travers la lecture, trouver un sens à ce qui se passe autour de lui. Quel est l’impact du Prix Goncourt sur votre vie ? Enorme. Beaucoup de gens ont lu mon roman. Je suis passé de 20.000 à 250.000 lecteurs. Je suis maintenant très exposé, moi qui vit à la campagne et n’aime pas les mondanités. Mais il y a un côté excitant, d’autant que les gens sont à 99% adorables. Du coup maintenant, je suis beaucoup sur les routes et je n’ai plus le temps d’écrire. Hormis l’écriture, avez-vous une autre passion ? Le jardinage. C’est un peu comme l’écriture, il faut cultiver son jardin. Mettre la main dans la terre, cela me détend et me permet de réfléchir. Mais c’est juste un passe-temps. Ma seule passion est l’écriture, et c’est à elle que je consacre ma vie. Recueilli par Ramy El Kalyouby et Mavie Maher (www.lepetitjournal.com, le Caire), Mardi 29 janvier 2007.
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