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AFRIQUE – Le Kenya espère une sortie de crise |
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| Ecrit par Vincent Chevalier,
le 24-01-2008 23:00
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Le Kenya est dans une impasse politique depuis l’élection présidentielle du 27 décembre. La guérilla que se livrent les partisans du président réélu et du chef de l’opposition évoque des affrontements interethniques, mais pas seulement. L’ex-secrétaire général de l’ONU Kofi Annan tente une médiation
Hier, Mwai Kibaki, le président kenyan réélu le 27 décembre et son rival de l’opposition Raila Odinga se sont rencontrés pour la première fois depuis l’élection. Le scrutin contesté est jugé frauduleux par le chef de l‘opposition, deuxième de l’élection derrière le président sortant. Arrivé mardi, Kofi Annan, ex-secrétaire général de l’ONU a réussi à rassembler les deux hommes pour sortir d’un conflit qui a déjà fait près de 800 morts et déplacé plus de 250.000 Kenyans. Suite aux résultats du scrutin et à la contestation de l’opposition, les massacres entre les opposants des deux partis ont été sanglants. Au départ politique, le conflit déborde et s’apparente maintenant à une lutte interethnique mortelle, semblable à celle du Rwanda en 1994. En effet, des similitudes existent et l’image d’hommes, machette à la main dans les rues de la capitale Nairobi, rappelle le triste souvenir du génocide rwandais.
Kikuyu contre Luos Le président Kibaki est Kikuyu alors que son rival Odinga est Luos. Les deux ethnies ont donc choisi leurs candidats. Il ne faut pourtant pas généraliser. Tous les Kikuyu ne détestent pas les Luos et vice versa, mais chaque ethnie souhaite voir son représentant à la tête du pouvoir par peur d‘être défavorisée. Le conflit a donc aussi un côté social et économique. Personne ne veut rester à l’écart des richesses et des profits du pays. La situation du Kenya n’est donc pas encore comparable à celle du Rwanda où le génocide avait fait un million de morts. Avant de s’étriper pour le pouvoir, les deux opposants étaient alliés contre Daniel Arap Moi, ex-président durant 25 ans jusqu’en 2002. Kofi Annan a donc la lourde tâche de recoller les morceaux entre les deux hommes forts du pays et leurs deux ethnies. La communauté internationale, lente à réagir et prise de court par les évènements semble laisser l’initiative de la médiation au Ghanéen, diligenté par l’Union Africaine. La situation n’est pas encore désespérée. La création d’un poste de Premier ministre, délégué à l’opposition, inédit pour le pays, a été avancée. Il faut agir vite pour calmer les esprits avant que la rue ne décide elle-même du sort réservé à ce pays d’Afrique de l’Est, d’habitude tranquille. Benoît SOILLY. (www.lepetitjournal.com) vendredi 25 janvier 2008
En savoir plus Libération - Le Kenya sur la piste d’une sortie de crise Afrik.com - Première rencontre entre Mwai Kibaki et Raila Odinga
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