| Ecrit par Vincent Chevalier,
le 23-01-2008 23:00
|
|
Après six mois de travail, la commission Attali a remis hier son rapport au président. "Prêt à être appliqué", il tient sa cohérence dans l’ensemble des 316 propositions selon Jacques Attali. Seulement, Nicolas Sarkozy n’en a pas décidé ainsi
Nicolas Sarkozy a exprimé ses réticences sur la suppression des départements et du principe de précaution (Photo AFP)
La commission Attali a rendu hier son rapport "la libération de la croissance", qui contient 316 propositions pour relancer l’économie française. L’ancien conseiller de François Mitterrand a repris une lettre que l’économiste Turgot avait envoyé à Louis XVI en introduction de son intervention : "Je ne demande point à Votre Majesté d'adopter mes principes sans les avoir examinés mais, quand elle en aura reconnu la justice et la nécessité, je la supplie d'en maintenir l'exécution avec fermeté, sans se laisser effrayer par des clameurs qu'il est impossible d'éviter". Et, bien que Jacques Attali ait précisé que ce rapport était "prêt à être mis en place, à être appliqué et pas à être mis à l'étude", et qu’il ne trouvait sa cohérence que si l’ensemble de ses propositions étaient appliquées, Nicolas Sarkozy a déjà annoncé ses réticences sur deux points : la suppression des départements et le principe de précaution.
C'est une question de priorité Selon le président, les Français ne sont pas "prêts à renoncer à la légitimité historique des départements", ajoutant que ce n’est pas " une question de peur. C'est une question de priorité". Quant à la suppression du principe de précaution, responsable selon la commission de brider l’action, Nicolas Sarkozy affirme qu’il est "un principe d'action et d'expertise pour réduire l'incertitude". Le reste des propositions semblent néanmoins avoir reçu l’approbation du président. Il en a profité pour défendre la réforme de certaines professions, fonctionnant avec des réglementations complètement obsolètes, comme les taxis, les coiffeurs, les pharmaciens ou les notaires. Parmi les autres propositions, on trouve aussi l’équipement des administrations publiques en véhicules hybrides, la possibilité de laisser les parents choisir l’école de leurs enfants, ou l’évaluation des agents publics. Selon Jacques Attali, ces propositions permettraient la réduction de la part des dépenses publiques dans le PIB d’un point par an, s’alignant sur la moyenne européenne d’ici 2012. Mais elles devraient surtout redonner de l’élan à la croissance, tablant sur une augmentation d’un point supplémentaire d’ici 2012. Alors, ce rapport sera t-il un grimoire magique pour relancer l’économie ou un "ramasse-poussière", comme l’a déjà baptisé François Hollande ? Vincent CHEVALIER. (www.lepetitjournal.com) jeudi 24 janvier 2008
En savoir plus : LCI - Sarkozy "adhère à l'essentiel" du rapport Attali Libération - "J'adhère à l'essentiel" des conclusions de la Commission Attali La lettre de Turgot à Louis XVI
Voir dans nos archives : PORTRAIT – Jacques Attali : son compte est bon POLITIQUE – La commission Attali pointe le besoin d'immigrés pour la France
|