| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 22-01-2008 23:00
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Demain c’est la grève des fonctionnaires, notamment des enseignants. Le ministre de l’Education nationale va en profiter pour tester le service minimum dans les écoles. Mais l’initiative risque bien de se heurter aux échéances municipales La FCPE a dénoncé ce test qui va faire des enfants concernés "des cobayes" (photo AFP)
Le face-à-face annoncé demain pourrait bien faire des étincelles. D’un côté, les enseignants seront en grève à l’occasion du mouvement de grogne des fonctionnaires contre les suppressions de poste et en faveur de la revalorisation des salaires. De l’autre, le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos lance, en test grandeur nature, le service minimum dans les écoles. L’arbitre de ce match : la perspective des élections municipales... Prévu à l’origine pour la rentrée prochaine, le service minimum doit permettre à chaque municipalité de signer une convention de trois ans avec l’Etat, dans laquelle elle s’engage à assurer l’accueil des élèves du primaire durant une grève. Utilisant du personnel municipal ou contractuel, la mairie est indemnisée par l’Etat à hauteur de 90€ l’heure pour 15 enfants. Ce service minimum fait non seulement grincer des dents les syndicats qui évoquent une remise en cause du droit à la grève, mais est également un boulet pour les municipalités à l’approche des élections… 1.631 communes sur 36.000 Xavier Darcos estime que 1.631 communes -pour la plupart aux couleurs UMP- devraient proposer le service minimum demain, et en attend 2.000 d’ici là. C’est peu en regard des 36.000 localités existantes. Cette réticence s’explique par les élections municipales qui se rapprochent à grands pas. Des dizaines de municipalités de l’opposition, comme Paris et Lyon, ont d’ores et déjà refusé d’appliquer ce dispositif originaire de la droite. Mais l’idée ne fait pas l’unanimité au sein de la majorité. Si Marseille et Anthony (Hauts-de-Seine) vont l’organiser par exemple, Vannes (Morbihan) et Lons-le-Saunier (Jura) s’y sont opposées. Xavier Darcos a choisi les menaces pour motiver les troupes. Il a annoncé que si le service minimum ne fonctionnait pas, il étendrait aux enseignants l’obligation de se déclarer en grève deux jours à l’avance, comme c’est le cas déjà pour les transports publics. De nombreuses municipalités craignent que cela pervertisse leurs relations avec les directeurs d’écoles. Quant aux parents d’élèves de la FCPE, premiers concernés par ce dispositif, ils ont dénoncé la mise en place de garderies improvisées. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 23 janvier 2008 En savoir plus Le Parisien - Service minimum à l’école : comment s’y retrouver ? Le Monde - Xavier Darcos : "1 631 communes ont accepté le service minimum" 20 Minutes - "Il n'y a eu ni concertation ni discussion sur l'application du service minimum d'accueil"
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