| Ecrit par Sara Fredaigue,
le 07-02-2008 23:02
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Rencontres romaines est une association de guides à vocation pastorale. Mise en place par la communauté du Sacré Cœur de Jésus, elle réunit depuis plus de 30 ans 400 bénévoles. A Rome, Florence Cazin et Léonore Losserand en sont les représentantes. Rencontre Léonore et Florence, deux guides au service de la pastorale touristique. (photo S.F.)
Pourquoi avoir choisi d’être volontaire permanente pendant 10 mois ? Florence : Mon envie est partie d’une rupture. A 29 ans, je n’avais jamais vécu à l’étranger. Quelque chose me manquait. J’avais envie de m’enrichir au contact d’une autre culture. Si je ne partais pas maintenant, je le regretterais. J’ai donc démissionné de mon poste dans un musée parisien et… je pense avoir pris la bonne décision. Etre volontaire permanent ne se résume pas à faire des visites. Nous avons de vraies responsabilités à assumer. C’est une expérience très enrichissante tant au niveau personnel que professionnel.
Léonore : Pour ma part, c’est mon amour pour Rome qui m’a amené à accepter d’être volontaire permanente. Je venais d’obtenir une licence d’histoire de l’Art à la Sorbonne. Je pensais que c’était le moment de faire une année à l’étranger. Mon rôle de guide me permet de mettre un pied à l’étrier et d’acquérir une réelle expérience professionnelle. Je n’en attendais pas tant mais j’en redemande. C’est une expérience humaine très enrichissante. Rencontres romaines fait parti de la pastorale du tourisme. Comment se concrétise cette dimension spirituelle ? Florence : Nous ne faisons pas de prosélytisme mais nous en parlons dans nos visites. Le message spirituel nous permet de faire un recadrage historique. On ne peut ignorer le message de Saint Paul ou de Saint Pierre si on souhaite donner des clés de compréhension dans les lieux que nous visitons. La religion est le fondement de notre culture. Pour moi, notre culture européenne trouve sa source dans l’axe Athènes - Rome – Jérusalem. Vous venez de passer cinq moins en tant que volontaires. Que retenez-vous jusqu’à maintenant de votre expérience ? Florence : Les gens sont généralement heureux que nous leur donnions des clés de compréhension. Faire des visites demande également beaucoup de psychologie. Il faut s’adapter à son public. Quand des ados décrochent par exemple, il faut trouver l’angle dans notre discours qui éveillera leur curiosité. Je me souviens également d’un moment assez drôle, symptomatique de notre époque. Lors d’une visite au Vatican, j’expliquais le protestantisme et la Saint-Barthélemy. Une élève de 5ème a alors montré son impatience : elle ne comprenait pas qu’on puisse commettre des meurtres pour une histoire de transsubstantiation ou de consubstantiation. Bref, ça la dépassait. Léonore : Les rencontres sont indéniablement enrichissantes. Je me souviens de servants de messe d’une dizaine d’années qui insistaient pour voir la Chapelle Sixtine ou de groupe de personnes âgées qui font toutes les visites sans se plaindre malgré la fatigue. Je suis également marquée par la beauté de Rome. Un matin, en sortant de la Trinité des Monts, j’ai cru me retrouver face à un tableau de Poussin tellement le jeu des couleurs était magnifique. Sara Fredaigue (www.lepetitjournal.com - Rome) vendredi 8 février 2008 Pour plus d’informations : www.rencontres-romaines.com Rencontres romaines existent depuis 1981. Néanmoins, les principes de l’association ont été mis en place en 1975, en même temps que le Jubilée et le centre d’accueil de la Trinité des Monts. Mère Lefebvre, religieuse du Sacré Cœur de Jésus et Bernard Berthod étaient parti d’un constat : les personnes qui venaient pour le Jubilée ne comprenaient pas toujours les monuments qu’ils voyaient. Rencontres Romaines a donc pour vocation de donner des clés de compréhension en matière d’histoire et d’histoire de l’Art. Cette association fonctionne avec des bénévoles qui donnent au minimum une semaine de leur temps pour faire visiter les monuments de Rome aux touristes.
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