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Parce qu'il juge scandaleux le système des franchises médicales mis en place par le gouvernement au début du mois, Bruno-Pascal Chevalier a entamé une grève des soins. Séropositif depuis 20 ans, il risque la mort s'il ne prend pas ses médicaments. Cette forme inédite de contestation crée la polémique
Refuser de suivre une thérapie pour contester une disposition gouvernementale est une forme inédite de contestation. Et dangereuse... Bruno-Pascal Chevalier qui a arrêté de prendre son traitement depuis septembre, risque d'en mourir. Séropositif, il a choisi cette grève des soins pour dénoncer l’instauration des franchises médicales, mais ne l’a rendue publique que début janvier, date où elles sont officiellement entrées en vigueur. D'autres patients à pathologie lourde ont eux aussi choisi ce chemin singulier pour alerter l'opinion. Jeudi, l’Association française des diabétiques confirmait qu’un patient traité à l’insuline était entré en grève, risquant ainsi sa vie. Deux autres insuffisants rénaux auraient aussi annoncé l’arrêt de leurs traitements. Depuis le premier janvier, les assurés sociaux doivent en effet prendre en charge 50 centimes par médicaments et par acte médical, et 2€ par transport sanitaire, avec un plafond annuel de 50€. Tous les médicaments sont concernés. Ajoutés aux 1 euro déversés à chaque consultation, eux aussi plafonnés à 50€, le total de ces soins à la charge des patients s’élève à 100€.
4€ par mois En 2006, l’ensemble des remboursements de la sécurité social était de 132,1 milliards d’euros. 60% de ces dépenses ont été affectés aux 7,7 millions de Français souffrant d’une affection de longue durée. Leur prise en charge est de 100%. Le traitement d’un diabétique coute en moyenne 6.000€ par an. Celui d’une personne atteinte du cancer peut aller jusqu’à 32.000€. A côté de telles sommes, une franchise de "4€ par mois", citée par Sarkozy, semble dérisoire. Toutefois, comme l’indique Bruno-Pascal Chevalier dans une lettre qu’il avait adressée au Président, une fois après avoir payé ses auxiliaires de vie, il ne lui reste "pour vivre que 330 euros". Car l’augmentation du nombre de médicaments non remboursés n’arrange pas le budget des malades de longue durée. Aussi la franchise médicale revient à considérer le patient comme responsable de sa maladie, estime Bruno-Pascal Chevalier pour qui c'en est trop . Risquer sa vie pour lutter contre cet "’impôt sur la maladie" montre combien l'homme n'a plus rien à perdre. Vincent CHEVALIER. (www.lepetitjournal.com) mardi 22 janvier 2008
Pour en savoir plus : Site web de Bruno-Pascal Chevalier Le Monde - Des malades arrêtent de se soigner pour dénoncer les franchises Libération - Contre les franchises, des malades font la grève des soins
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