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POLITIQUE - Projet d’Union Méditerranéenne : quelles perspectives ? |
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L'Institut Marocain des Relations Internationales (IMRI) que préside Jawad Kerdoudi, va constituer ce samedi 26 janvier un Groupe d’experts pour le projet d’Union Méditerranéenne en vue d’y apporter sa contribution par des propositions concrètes. M. Kerdoudi rappelle les enjeux du projet de Nicolas Sarkozy
Le Président Sarkozy avait lancé lors de sa campagne électorale en 2007 le projet d’Union de la Méditerranée. Depuis son élection, il a intervenu plusieurs fois sur ce thème, soit dans des discours officiels, soit lors des visites qu’il a effectuées dans les pays riverains de la Méditerranée. Rappelons les principes fondateurs de ce projet. Dans son fameux discours de Tanger du 23 Octobre 2007, il a défini le projet "d’Union politique, économique et culturelle" devant regrouper tous les pays riverains de la Méditerranée. Il a insisté sur le fait que l’Union Méditerranéenne doit être construite sur une volonté politique. La Méditerranée, berceau des trois grandes religions monothéistes, a été "le théâtre depuis quinze siècles de conflits armés, de destruction et de haine". D’où la nécessité de franchir un pas décisif "pas seulement pour l’avenir des pays méditerranéens, mais pour l’avenir de l’humanité" afin "de sortir du cycle infernal de la vengeance".
Economie L’Union Méditerranéenne doit être construite également sur l’économie. Un écart de développement économique considérable existe entre les deux rives nord et sud de la Méditerranée. Alors que les pays du nord bénéficient d’un niveau de vie très élevé, ceux du sud croupissent dans la pauvreté et la misère. La preuve tangible de cette situation est la prolifération de l’immigration clandestine, où des personnes, surtout les jeunes, tentent au péril de leur vie d’atteindre les côtes de la rive nord.
Culture L’Union Méditerranéenne doit être également culturelle pour parvenir à plusieurs objectifs. Le premier est d’éradiquer l’analphabétisme dans les pays du sud, et améliorer la qualité de l’enseignement. Le second est le partage des connaissances, car le 21ème siècle sera celui du savoir et des compétences. Le troisième enfin doit permettre, par les échanges culturels, d’améliorer la connaissance réciproque, la tolérance et l’amitié.
Rendez-vous à Paris Le dernier principe défini par le Président Sarkozy est que cette Union ne doit être imposée à personne, qu’elle doit être basée sur l’égalité, et que surtout son organisation, son fonctionnement et ses compétences seront définis d’un commun accord entre les futures membres. Dans ce cadre, il a fixé une réunion à Paris des Chefs d’Etat et de Gouvernement des pays riverains de la Méditerranée pour le 13 Juillet 2008. Pour préparer cette réunion, il a désigné un Ambassadeur français (Alain le Roy) pour coordonner le projet, de même qu’il va dépêcher des émissaires dans les pays intéressés.
Groupes d'experts et propositions Des Instituts de recherche européens travaillent également sur le projet d’Union Méditerranéenne. On peut citer à titre d’exemple l’Institut de la Méditerranée de Marseille, l’IPEMED et le Cercle des Economistes de Paris, ainsi que l’IEMED de Barcelone. Ces différents Instituts dans le cadre de Groupes d’Experts tentent d’analyser le projet et de faire des propositions. La première question fondamentale qui se pose est la couverture géographique de la future Union Méditerranéenne. Certains Instituts pensent qu’il faudrait commencer au départ par les pays européens du Sud et le Maghreb, quitte à élargir la participation aux autres pays méditerranéens, et aux pays de l’Europe du nord. D’autres pensent au contraire qu’il faut commencer dès le départ avec le maximum de pays intéressés. Valeur aujourd’hui, les positions de la Commission européenne, de l’Allemagne et de la Turquie sont assez réservées sur ce projet. Seules l’Espagne et l’Italie ont apporté un franc soutien au projet de l’Union Méditerranéenne.
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