| Ecrit par Eloïse Fagard,
le 22-01-2008 23:00
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Le dernier film d’Abdellatif Kechiche, largement récompensé à Venise*, est sur les écrans romains, et en français ! Ce film, célébration du verbe, de la bonne chère et de la famille confirme Kechiche comme un des réalisateurs français les plus brillants du moment. Une famille très réaliste C’est l’histoire d’une famille française d’origine tunisienne qui se soude autour du père, Slimane, ancien ouvrier des chantiers navals, qui cherche à se reconvertir en ouvrant un restaurant. En dehors de l’histoire, très émouvante, ce sont les liens très forts entre les personnages qui font la force de ce film. Cette famille ordinaire, mixte et recomposée, avec ses tensions et ses problèmes est d’un réalisme déroutant. Peut-être parce qu’à la base du film se trouve la propre histoire de la famille du réalisateur et qu’il se sent très "impliqué affectivement".
Le plaisir de la bonne chère, le plaisir des mots Sans verser dans la banalité, ce film est constitué de fragments de la vie quotidienne, comme les repas. La nourriture y est omni-présente ainsi que l’indique le titre, elle est un lien social et elle est montrée avec une grande sensualité. La joie de préparer le repas puis de se retrouver pour le partager est palpable. Autre plaisir... celui des mots. Dans ses films, Kechiche convoque de grandes références littéraires et on sent son amour de la langue dans les bonnes formules qui jalonnent le film, tout au long des scènes de négociations et de compromis. Slimane (Habib Boufares) et sa belle-fille Rym (Hafsia Herzi, prix de la meilleure jeune actrice), très complices (photo D.R.)
Des comédiens qui crèvent l’écran Les personnages sont très réalistes, très touchants. Pourtant, la plupart des acteurs ne sont pas des professionnels et ont connu à l’occasion de ce film leur première expérience sur un plateau. C’est qu’Abdellatif Kechiche, ancien comédien lui-même, est un formidable directeur d’acteurs et a pris tout son temps pour répéter les scènes du film. Ce film est d’ailleurs parfaitement maîtrisé et laisse peu de place à l’improvisation, contrairement à ce que la spontanéité des interprètes pourrait laisser croire. Les deux acteurs les plus marquants restent Habib Boufares (Slimane), tout en retenue, et Hafsia Herzi (Rym), débordante de vitalité, inoubliables dans leur relation beau-père/belle-fille. Eloïse FAGARD. (www.lepetitjournal.com – Rome) mercredi 23 janvier 2008
*Prix spécial du jury, prix de la meilleure jeune actrice et prix de la critique internationale de la 64ème Mostra de Venise
Sorti en Italie le 11 janvier 2008, La Graine et le mulet est projeté en français : - à l’Alcazar, v. Merry del Val,14 - au Nuovo Olimpia, v. In Lucina,16/g
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