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Vendredi, la Freie Universität a gagné sa place dans la champions league des universités allemandes, en même temps que cinq autres établissements d’enseignement supérieur. Le concept d’université d'élite, qui doit rehausser le prestige universitaire international de l’Allemagne, ne fait cependant pas l’unanimité La Freie Universität, enfin dans l'élite (Photo. Marie Norre)
Le suspense aura duré plus longtemps que prévu : le jury composé de scientifiques internationaux a rendu son verdict avec une heure de retard, vendredi, à Berlin. Au très attendu second tour de la course à l’élite universitaire allemande, ont été distingués les établissements suivants : la Freie Universität (FU) de Berlin, l’université de Göttingen, la RWTH Aachen, l’université de Heidelberg, celle de Freiburg et celle de Constance.
Un enjeu pour Berlin L'enjeu du concours lancé en 2005 par le gouvernement fédéral et les Länder était de taille : déterminer, parmi les universités allemandes en lice, lesquelles méritent de porter le titre d'université d'élite. Pour la ville de Berlin, il s'agissait d'abord de légitimer un rôle, parfois contesté, d'acteur de premier plan sur la scène scientifique allemande. En 2006, la première manche du concours avait distingué deux établissements d'enseignement supérieur à Munich et l'université de Karlsruhe. Les trois établissements berlinois (Freie Universität, Humboldt Universität, Technische Universität) n'avaient pas été retenues. Cette fois, à Berlin, seule la Freie Universität bénéficiera du titre d'établissement d'excellence. La Humboldt Universität, qui avait passé les épreuves de sélection, est une nouvelle fois recalée. Le palmarès prend en compte les efforts consentis par les établissements pour garantir l'efficacité du travail des étudiants, mais aussi pour ouvrir leur activité sur des instituts non-universitaires et sur l'industrie. Pendant cinq ans, la FU percevra, comme les cinq autres lauréats, une aide de plusieurs millions d'euros, pour un budget global de 1,9 milliards d'euros en cinq ans.
L’élitisme : une idée contestée Cette dotation substantielle, portée à hauteur de 75 % par le gouvernement fédéral, fait grincer les dents des détracteurs de l'initiative. Depuis l'annonce du projet par Gerhard Schröder en 2004, de nombreux commentateurs se demandent s'il faut donner encore plus de moyens aux universités les plus dotées. D'autres s'interrogent sur la répartition des universités d'élite : le Sud est le grand gagnant du programme, tandis que les établissements de l'Est (ainsi que la Humboldt Universität, ancienne université de Berlin-Est), restent à l'écart de la compétition. C'est en fait la notion même d'élitisme qui est suspecte. L'initiative conjointe du gouvernement fédéral et des Länder a brisé un véritable tabou dans un système scolaire allemand qui se veut très égalitaire. A la différence de la France, où l'enseignement supérieur se partage clairement entre l'université et les grandes écoles, l'Allemagne avait jusque-là refusé de renier l'idéal garantissant les mêmes formations, et surtout le même niveau d'enseignement, sur tout son territoire. Sur le plan international en tout cas, la constitution de pôles d'élite devrait permettre à l'Allemagne de s'affirmer comme un acteur de premier plan sur la scène de la recherche scientifique. Le gouvernement, qui assure que l'initiative permettra de donner un "élan" fort à l'ensemble de la recherche allemande, prévoit de reconduire le concours en 2011. Marie NORRE (www.lepetitjournal.com/berlin.html) lundi 22 octobre 2007 |