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L’une des régions les plus pauvres d’Espagne, l’Aragon, pourrait dans quelques années accueillir le plus grand complexe de casinos d’Europe. Pour cela, il faudra que les investisseurs et le gouvernement local résistent aux écologistes qui les accusent de détruire une réserve naturelle hors du commun
Un projet pharaonique
“L’Amérique a sa ville du péché, qu’en est-il de l’Europe ?”. Voilà ce qu’ont dû penser les membres du consortium britannique International Leisure Development (ILD) en lançant le projet d’un Las Vegas européen dans le désert d’Aragon. Ce projet pharaonique, baptisé “Gran Scala”, comporterait 32 casinos, 70 hôtels, des centaines de boutiques et de restaurants, ainsi qu’une arène et un parc à thème sur les agents secrets - “Spyland”. L’ouverture du site serait prévue pour 2015 où 25 millions de visiteurs seraient attendus par an. Ce complexe à grande échelle est soutenu par le gouvernement régional d’Aragon qui voit en lui l’opportunité de construire sur des terrains vierges et inutilisés. Il doit présenter demain concrètement "cinq ou six propositions" de sites et la décision définitive pourrait être prise à la fin du mois.
Pas de Jackpot pour les écologistes L’organisation Greenpeace voit quant à elle la destruction d’une “extraordinaire biodiversité naturelle”, tant le site d’implantation –los Monegros – recèle à la fois de nouvelles espèces et d’espèces vieilles de plusieurs millions d’années. Outre le fait que cette zone devrait être transformée en parc national, l’organisation écologiste soulève le problème de l’eau, sachant que le désert d’Aragon est une des régions les plus arides d’Espagne. Comme Las Vegas, qui a provoqué le tarissement du fleuve Colorado, Gran Scala aurait des conséquences désastreuses sur l’environnement.
Qu’en pensent les politiques ? Dans la région d’Aragon, la coalition de gauche Izquierda Unida (IU) s’insurge contre le projet et prévoit de lancer une plainte devant la Commission Européenne pour l’“urbanisme sauvage” de la Gran Scala. Quant au gouvernement espagnol, aucune position unanime ne semble avoir été adoptée. Alors que le ministre de l’Industrie, Joan Clos, a qualifié le complexe d’ambitieux et innovant, la ministre de l’Environnement, Cristina Narbona, a déclaré ne pas pouvoir fournir d’opinion officielle tant que toutes les informations sur le site d’implantation ne seraient pas divulguées. Tony MOTA. (www.lepetitjournal.com Madrid) lundi 21 janvier 2008
En savoir plus : http://granscalablog.com/ |