| Ecrit par BUDAPEST,
le 17-01-2008 23:00
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Deux expositions fort différentes sont encore visibles pour quelques jours au musée des Beaux-arts. L'une nous emmène chez deux collectionneurs passionnés et la seconde offre à nos regards le charme et la minutie de la gravure sur cuivre au cours d'une balade à travers quatre siècles
Maison à l'espaque de Georges Braque, 1908 Hermann Rupf et sa femme Margit Rupf-Wirz constituèrent dès 1907 une collection que l'on considère actuellement comme l'une des plus importantes en matière d'art moderne. Ce négociant en mercerie né en 1880 acquiert des Braque et des Picasso du début. Il fut l'un des premiers clients puis l'ami fidèle de Daniel-Henry Kahnweiler le célèbre galeriste. Ils achetèrent dès 1913 les toiles de Paul Klee et ne cessèrent d'ouvrir leur maison aux artistes. Tous les deux s'impliquèrent avec passion dans l'art de leur époque en le faisant inlassablement connaître. Le quotidien bernois Berner Tagwacht où Hermann Rupf fut critique de musique et d'art durant plus de 20 ans fut la tribune rêvée pour ce prosélytisme. La plupart du temps, ils enrichissaient leur collection avec des pièces toutes récentes. N'ayant pas d'héritiers, ils créèrent en 1954 une fondation portant leur nom dont le siège est au Kunstmuseum de Bern. Grâce à ses acquisitions, le fonds est passé de 300 à 900 pièces. Pour la célébration du centième anniversaire de cette collection, Budapest en donne un très bel aperçu, un événement d'ailleurs car c'est seulement la troisième fois que cette collection sort de ses murs, après Bern et Grenoble en 2006. Une occasion unique donc d'approcher les Fauves avec André Derain et Othon Friesz, de retrouver de nombreux Braque, Picasso, Léger illustrant le Cubisme, sans oublier quelques toiles du trop rare Juan Gris. Y figurent aussi Paul Klee ou Kandinsky.
En complément... Après cette plongée dans ce monde de couleurs et de formes originales, on peut terminer la visite en se rendant à la vaste salle où sont exposées plus de 200 oeuvres sélectionnées parmi la collection de reproductions graphiques du musée. On commence avec la seconde moitié du XVe : maîtres italiens et allemands, Andrea Mantegna ou Martin Schongauer. Puis, plus tard Albrecht Dürer ou Lucas Cranach. La France est présente avec les maîtres de l'Ecole de Fontainebleau. Le XVIIIe siècle qui verra la fin de l'époque brillante de la gravure sur cuivre, est représenté notamment par l'Anglais William Hogarth, avec en particulier quelques planches de "la carrière d'un débauché" ou "le libertin". Igor Stravinsky s'est inspiré de huit d'entre elles pour son opéra The Rake's progress créé à Venise en septembre 1951. Enfin comme souvent dans ce genre d'exposition, on trouve une vitrine avec les outils utilisés pour la gravure sur cuivre et on peut se familiariser avec les différentes phases d'élaboration des feuilles de cuivre. C. DEHALLE. (www.lepetitjournal.com - Budapest) vendredi 18 janvier 2008 Picasso, Klee, Kandinsky - Les pièces maîtresses de la collection suisse Rupf, jusqu'au 27 janvier Les virtuoses de la gravure sur cuivre de Dürer a Hogarth, jusqu'au 28 janvier Musée des Beaux-Arts www.szepmuveszeti.hu/
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