| Ecrit par Lisbonne,
le 17-01-2008 23:00
|
|
D' après les données statistiques fournies par L'INE (Institut National de la Statistique), l'inflation pour 2007 a dépassé celle qui avait été prévue par le gouvernement
Mais qu'à cela ne tienne, les prévisions des gouvernements successifs depuis dix ans, soient-ils de droite ou de gauche, ont toujours été dépassées par les prévisions constatées. Pour l'année 2007 le taux s'est situé à 2,5 %, alors que le gouvernement avait prévu 2,3%. Les secteurs les plus touchés ont été la santé, plus 7,4%, les boissons alcooliques et le tabac plus 4,9%, et l'éducation plus 3,7%. En opposition aux augmentations, les communications ont bénéficié d'une baisse de 1,8%. Or, cet état de choses est très mauvais pour le pouvoir d'achat des travailleurs, aussi bien du secteur public que du privé, car les négociations salariales sont calculées sur la base prévue par le gouvernement. L'Intersyndicale CGTP, le plus grand syndicat de travailleurs, est déjà venue annoncer qu'une fois de plus les prévisions gouvernementales étaient erronées, tout en réclamant "plus de vérité et de sérieux" dans les calculs prévisionnels du gouvernement. Leur représentant, le syndicaliste Amável Alves, n'a pas hésité à affirmer que la différence entre l'inflation constatée et celle prévue par le gouvernement est "un problème qui se répète tous les ans". Il n'a pas manqué de souligner qu' "en plus des incidences négatives sur les négociations salariales, il faut encore ajouter l'augmentation des prix des produits de première nécessité qui ont été supérieurs à l'inflation constatée".
Une inflation qui met en cause le pouvoir d'achat des Portugais De son coté le syndicat UGT considère que le taux d'inflation de 2007 prouve l'irréalisme des prévisions du gouvernement, mettant une fois de plus en cause le pouvoir d'achat des Portugais. João Machado, le président de la Confédération des Agriculteurs du Portugal, avoue que "le fait du gouvernement d'annoncer des indicateurs qui sont systématiquement contrariés ne joue pas dans le sens de la crédibilité de l'exécutif " et il poursuit en disant que "ces conditions portent préjudice aux relations entre les employeurs et les syndicats car il est très difficile de négocier des réajustements de salaires en s'appuyant sur des prévisions sur lesquelles il y a un climat de méfiance." Citant la promesse tenue par le Premier ministre José Socrates qui a annoncé que le pouvoir d'achat des fonctionnaires en 2008 ne baisserait pas, les principaux syndicats de la fonction publique réclament déjà des négociations sous le prétexte qu'attendre 2009 est un délai trop long. On est néanmoins en droit de se poser des questions sur l'aboutissement de ces revendications car, pour 2008, l'exécutif prévoit une inflation de 2,1%, contrariant ainsi les prévisions de la Banque du Portugal et de l'Eurostat qui estiment, quant à eux, un taux de 2,4%. Manuel Gaspar (www.lepetitjournal.com - Lisbonne) vendredi 18 Janvier 2008
|