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Alors que les capacités de pêche artisanale et industrielle augmentent, les ressources halieutiques en Méditerrannée se raréfient. Dans un pays où la pêche est un secteur essentiel pour l'économie et l'emploi, jouissant d'une longue tradition, il serait temps d'agir Avec ses 15.000 km de côtes et ses 984 îles, la pêche reste une activité traditionnelle en Grèce, source de nombreux emplois. Ainsi, sur certaines îles, près de 40% des habitants vivent des produits de la mer. Ces dernières années, cependant, malgré les réglementations européennes, le poisson tend à se raréfier dans les mers grecques. “La situation des réserves de poissons dans les mers grecques a atteint un stade critique car déjà de nombreuses espèces ont diminué. Il est donc temps de prendre des mesures, et le plus tot sera le mieux” a déclaré récemment au quotidien Ta Nea, Kostas Papaconstantinou, directeur de l'Institut des Ressources marines du Centre hellénique de recherches marines (ELKESE). Le phénomène de raréfaction du poisson en Méditerranée s'explique, avant tout, par la surpêche, indiquent les spécialistes, c'est à dire le dépassement des seuils de pêche au-delà desquels le renouvellement de la ressource est menacée. Ils évoquent un manque de contrôle malgré les “quotas” élaborés par l'Europe et les restrictions concernant la taille des poissons visant à protéger les plus petits jusqu'à ce qu'ils puissent se reproduire. Les espèces qui courent le plus grand danger sont celles qui vivent en mer profonde, comme le rouget, la dorade ou le merlu. La modernisation, ces dernières années, des techniques de pêche, permettent l'exploitation voire la surexploitation de zones autrefois “vierges”, car inaccessibles. Les petites espèces comme l'anchois sont également concernées mais celles-ci sont moins préoccupantes car elle se reproduisent plus facilement. Plus inquiétant, par contre, le thon rouge est aujourd'hui pratiquement introuvable en Méditerranée et tendrait à disparaître. Selon Ta Nea, une étude publiée par l'Agence européenne pour l'environnement rapporte que 65 à 70 % des poissons commercialisés en Grèce seraient issus de la surpêche. Les abus constatés dont sont victimes certaines espèces provoquent des changements dans la structure de la population halieutique, très néfastes pour l'écosystème marin.
La pollution, ennemi numéro deux des poissons La pollution contribue également à la diminution des ressources halieutiques, même si ce n'en est pas la raison majeure. Cette pollution est provoquée notamment par le déversement dans les fonds marins des eaux usées urbaines et industrielles mal traitées et des eaux de ruissellement en provenance des régions agricoles, source principale d'azote. Le transport maritime avec ses 220.000 navires de plus de 100 tonnes qui transitent chaque année en Méditerranée, déversant près de 250.000 tonnes de pétrole ne sont pas non plus étranger au phénomène. Ainsi, les zones côtières marines grecques les plus menacées par la pollution sont la baie d’Eleusis, le golfe Saronique, le golfe de Thessalonique, le golfe Pagasitique et le golfe Ambracique. Delphine MILLET PRIFTI. (www.lepetitjournal.com – Athènes) 7 mai 2008/ Rediffusion
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