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Quatre ans après la relance de l'insurrection séparatiste du sud thaïlandais, la situation s’aggrave toujours davantage. La "politique de la main tendue" du gouvernement issu du coup d’état n’a pas su résorber les tensions croissantes qui animent les séparatistes et l'espoir affiché par les autorités d'une réconciliation prochaine semble bien éloigné de la réalité sur place Alors que la crise du sud thaïlandais entre dans sa cinquième année de troubles, de nouvelles violences ont ensanglanté la région mardi lorsqu’une bombe a explosé dans un marché de Yala faisant au moins 43 blessés dont 6 graves. L’attentat avait été précédé la veille d’une attaque sur des militaires, la plus sanglante depuis plus de six mois, dans laquelle les rebelles ont tué 8 soldats, et décapité le commandant. Hausse de 40% du nombre de victimes depuis le coup d’état Quatre ans après le pillage le 4 janvier 2004 d'une base militaire par des militants indépendantistes qui avait marqué la relance des tensions séparatistes dans les trois provinces du sud musulman, les autorités de Bangkok peinent de plus en plus à dissimuler l'échec de leur politique d'apaisement du conflit. Les attaques séparatistes sont plus nombreuses et plus meurtrières, et les rebelles recourent de plus en plus à la barbarie lors des exécutions, cherchant à engendrer de la haine entre bouddhistes et musulmans pour donner au conflit une dimension religieuse. Les victimes décapitées, mutilées, brûlées voire crucifiées n'ont jamais été aussi nombreuses. La manière forte prônée par le gouvernement de Thaksin Shinawatra avait été sévèrement critiquée. Et le coup d’état de septembre 2006, avec à sa tête un musulman, Sonthi Boonyaratkalin, avait été présenté comme une libération pour les habitants de cette région qui borde la Malaisie. Mais la "politique de la main tendue" du gouvernement de Surayud Chulanont, installé par les putschistes en octobre 2006, n’aura finalement rien vu d’autre que l’aggravation de la situation. Depuis janvier 2004, plus de 2.800 personnes ont trouvé la mort dans des violences liées à la crise, près de 1.000 pour la seule année écoulée. Depuis le coup d'état, environ 73 personnes ont trouvé la mort chaque mois contre une moyenne mensuelle de 53 sous le gouvernement Shinawatra, selon les chiffres du groupe d'observation indépendant Deep South Watch.
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