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SOCIÉTÉ – Le Brésil fête cette année le centenaire de l’immigration japonaise |
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mardi 15 janvier 2008 |
Le Brésil est le pays qui compte le plus d’immigrants nippons avec près d’un million et demi de descendants de Japonais. Cette année, le Brésil commémore les 100 ans de l’immigration japonaise, qui a commencé en 1908 avec l’arrivée du premier convoi par bateau
Le quartier de Liberdade, à São Paulo, où vit la plus importante communauté de Japonais émigrés au monde © Laurent Guerinaud Photography
Avec la fin du flux d’immigrants italiens en 1902, le Brésil a manqué de main d’œuvre dans les plantations de café. Dans le même temps, la population japonaise explosait et les guerres contre la Chine et la Russie affamaient le pays. Fruit d’un accord entre le Brésil et le Japon, l’histoire de l’immigration japonaise a ainsi commencé officiellement le 18 juin 1908, avec l’arrivée du Kasato Maru, le premier navire chargé de 781 immigrants -165 familles- qui ont été envoyés directement pour travailler dans 6 fazendas de l’état de São Paulo. Aujourd’hui, le Brésil compte près de 1,5 millions de descendants de Japonais, dont 80% dans l’état de São Paulo, la capitale abritant même la plus importante communauté de Japonais hors du pays du soleil levant. La population japonaise au Brésil se divise en 4 catégories : Isseis (12% - 1ère génération, née au Japon), Nisseis (31% - 2de génération, fils de Japonais), Sanseis (41% - 3ème génération, petit-fils de Japonais), Yonseis (13% - 4ème génération, arrière petit-fils de Japonais).
Des Japonais de plus en plus Brésiliens Les premiers immigrés sont venus au Brésil dans le but de gagner de l’argent avant de repartir vivre au Japon le plus rapidement possible. Très vite, ils ont quitté les fazendas dans lesquelles ils travaillaient pour monter leurs propres activités agricoles ou de commerçants. En prévision du retour, ils ont élevé leurs enfants dans la tradition japonaise, les envoyant dans des écoles japonaises. Mais la plupart d’entre eux ne sont jamais rentrés : sur les 190.000 Japonais ayant immigré avant la 2de Guerre Mondiale, seuls 10% sont repartis. Les générations suivantes se sont intégrées de mieux en mieux, et la grande majorité des Nikkeis (descendants de Japonais) vivant aujourd’hui au Brésil ne compte pas retourner vivre au Japon. On assiste même actuellement au phénomène inverse. Dans les années 80, près de 300.000 Nikkeis ont quitté le Brésil rongé par l'inflation pour le Japon. Leur objectif était -et est toujours lorsqu’on les interroge- de gagner un maximum d’argent en travaillant dur pour rentrer au Brésil dès que possible. En 1999, ils ont même envoyé près de 1,5 millions d’euros au Brésil ! Mais comme leurs ancêtres dans l’autre sens, il semble bien que peu d’entre eux finiront par rentrer au Brésil. La communauté des Brésiliens au Japon est la troisième du pays et représente 15% des immigrés. Les communautés brésiliennes et japonaises sont ainsi intimement liées et 2008, l’année du centenaire de l’immigration japonaise au Brésil, est l’ "Année de l’Échange Brésil-Japon". Elle va être officiellement ouverte demain par le président Lula au Palace Itamaraty. De nombreux événements sont prévus tout au long de l’année avec notamment la construction d’un complexe destiné aux sports japonais dans le quartier de Bom Retiro. La célébration officielle du centenaire durera du 13 au 22 juin avec la visite du prince Naruhito. Laurent GUERINAUD. (www.lepetitjournal.com - São Paulo) mercredi 16 janvier 2008 |