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La chanson française contemporaine a une place à se faire sur le marché local argentin. C’est le pari de Victor Ponieman, créateur de Random Records qui, après avoir publié le live de Dominique A, pourrait, cette année, éditer Philippe Cohen Solal ou Jerho
Victor Ponieman (Photo: LPJ)
Le Petit Journal: Il y a cinq ans, votre société Random records éditait en Argentine un groupe français, Les Amants de Juliette. Qu’est ce qui vous a motivé à sortir ce groupe peu connu en France? Victor Ponieman: C’est un groupe de jazz très très bon ! Les Amants de Juliette venaient donner une tournée en Amérique Latine. Chaque date pouvait être une occasion de vendre des albums. Ensuite, j’ai été surpris de l’implication de l’Alliance française qui subventionnait la tournée. L’idée est née de donner une continuité au passage d’un artiste français en Argentine en proposant son album à la vente.
LPJ: Ces artistes se vendent-ils en Argentine ? VP: Les artistes français que nous avons le mieux vendu sont Gotan project. Nous avons été les premiers à les éditer en Argentine : nous avons vendu près de 100.000 exemplaires. Pour Carla Bruni, nous avons vendu 15.000 exemplaires pour les deux albums. Elle bénéficie d’une notoriété. Carla Bruni ou encore Agnès Jaoui ne sont pas venues en concert en Argentine, mais on aimerait bien. Editer leurs disques ici, c’est proposer aux Argentins un prix local et non pas un tarif d’importation. Par contre, le rock français n’a aucune chance en Argentine. Pour disposer d’un potentiel certain, la mélodie doit primer afin de s’affranchir des préjugés.
LPJ: Les plus grands artistes français (Piaf, Chevalier...) sont autrefois venus se produire en Argentine, cela a-t-il une chance de se reproduire aujourd’hui ? VP: Auparavant, les Argentins écoutaient plus de chansons mélodiques et moins de pop. Aznavour avait un succès fou et le cinéma français des années 70 faisait découvrir la chanson française. Notre défi aujourd’hui est de rendre à la chanson française son glamour d’antan. La musique brésilienne évoque le rythme, la joie. La musique française a perdu son identité et nous devons lui restaurer pour diffuser ses artistes. Néanmoins les grands labels se moquent aujourd’hui de faire des efforts pour proposer des artistes : l’Argentine, c’est loin.
LPJ: Quels sont vos projets pour l’an prochain ? VP: En décembre, nous avons sorti deux disques de Gotan Project, "Ya basta, 10 years" et "Inspiración, expiración" en plus du disque de Dominique A. L’an prochain, nous produirons Philippe Cohen Solal (producteur de Gotan project) ou encore le chanteur Jerho.
Propos recueillis par Caroline Béhague (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) vendredi 25 janvier 2008
Encadré Random Records est l’une des dix plus grandes maisons de disques en Argentine. En plus de la production d’artistes locaux, Random Records est le plus important diffuseur de musique brésilienne du pays.
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