| Ecrit par LE CAIRE,
le 15-01-2008 00:00
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Le gouvernement a accordé quatre nouvelles licences du fer aux entreprises locales et sept autres se disputeront la cinquième. Parmi les heureux, Ezz-Al Dékheila, leader sur le marché et dont la position dominante soulève des questions. 
Arguant de l'augmentation des cours internationax, le groupe Ezz- Al Dékheila a décidé la semaine dernière d'élever les prix par tonne de fer à béton de 250 L.E. Cela n'a pas empêché le gouvernement de lui attribuer une des quatre licences de production. Trois autres licences ont été accordées aux entreprises locales: Tiba, Al-Masreya pour la production d'acier de Suez et Beshaï. Sept entreprises étrangères se disputeront la cinquième le 10 février prochain. Après avoir annoncé une enchère sur quatre licences du fer en août dernier, le gouvernement a surpris en décidant d'accorder les licences aux entreprises publiques locales et de limiter l'enchère sur une seule licence. Après avoir acquis à la fin des années 1990 le groupe Al-Dékheila, seul producteur de fer spongieux et de billettes de fer en Egypte, le groupe Ezz Al-Dékheila a en quelque sorte mis la main sur la production de fer en Egypte. " En accordant trois nouvelles licences pour la production de ces matériaux à trois sociétés égyptiennes, nous créons des entités compétitrices sur le marché et mettrons fin à ce monopole. Si on avait effectué une enchère sur les 4 licences, le résultat serait que des groupes étrangers dominent le marché avec Ahmed Ezz. Les autres entreprises locales ne pourront pas faire face à la compétition." se défend Amr Assal qui préside l'organisme de développement industriel. Une cinquième licence sera mise aux enchères le 10 février prochain (Photo DR) Alliance de fait Mais dans les faits, les petits producteurs sont déjà en parfaite symbiose avec Ezz. Ils ont formé avec lui une alliance afin de se partager le marché et de coordonner les prix. Ainsi, « ils attendent chaque semaine l'annonce par Ezz de ses prix pour faire ensuite connaître les leurs », explique Ezzat Maarouf, expert de l'industrie. Parler du marché du fer à béton en Egypte, c'est parler de Ezz Al-Dékheila. Une alliance publique-privée gérée et majoritairement possédée par l'homme fort du Parti National Démocrate (PND), Ahmed Ezz. Cette alliance s'empare à elle seule d'environ 68% du marché et a enregistré au cours des 9 premiers mois de 2007 des profits nets qui s'élèvent à 4,1 milliards de L.E. Tentative de monopoliser le marché? Le dossier concernant le marché du fer à béton est enfermé dans les tiroirs de l'organisme du soutien de la concurrence. Pourtant ce genre d'entente occulte sur les prix a été sévérement sanctionné par le gouvernement dans le secteur du ciment (voir Haro sur le cartel du ciment) Le ministre de l'industrie, Rachid Mohamed Rachid, se justifie en assurant que le dossier n'est pas encore prêt, et ne cesse de répéter : il y a une différence entre le fait de posséder un grand part du marché et de mener des manoeuvres monopolistiques. " Cela n'est pas vrai. Le gouvernement traite Ezz avec courtoisie en retardant l'annonce des résultats des investigations. Les textes sont pourtant clairs. Il contrôle à lui seul 68% du marché alors que la loi implique que tout producteur possédant plus que 25% représente un cas de monopole. En même temps, il mène des mesures évidentes pour contrôler voire hausser les prix sur le marché mais le gouvernement continue à fermer les yeux ", déplore Maarouf. Névine Kamel. (www.lepetitjournal.com, Le Caire), mardi 15 janvier 2008
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