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Buenos Aires Fashion Week (BAF), été 2005/06, veut représenter une mode argentine épanouie. Mais, l’heure est encore aux copies de Londres, New York ou Paris, sauf pour quelques designers plus innovants comme Rapsodia, Martín Churba ou Mariano Toledo
Save the gauchos, la présentation de Martín Churba s'est sourcée dans la silhouette et les accessoires du gaucho des pampas argentines (photo courtoisie Estudio Buenos Aires)
C’est vrai que le Buenos Aires Fashion Week est jeune : à peine dix ans d’âge ! Mais, pour grandir il faut du sérieux, de l’innovation et une diffusion plus professionnelle. Or, l’ambiance et le profil des assistants du BAF été 2005/06, qui a eu lieu à la Rural début septembre, ne s’y prêtaient pas.
Et, malheureusement, la passerelle reflétait ce public : copies et encore copies de styles, de Dior, de Chanel, de Yoshi… Sauf, il faut le remarquer, la présentation de Rapsodia, qui fidèle à elle-même continue attachée, tout au long de ses dix ans d’existence, à son style bohême.
Sinon, les designers se sont mis d’accord sur couleurs, textures et tendances. Tout est donc parfaitement inter-changeable. Les silhouettes se recouvrent des volumes des années 50 et 70. Un style "dame parfaite" rivalise avec les looks tribal-ethnique et gypsy.
Sans trop de pétillant
Les motifs préférés sont l’animal print et le mélange des imprimés. Pour les tissus la préférence est à la soie et au voile en coton, mais aussi au tricot et surtout au denim. Les couleurs dominantes sont les rouges, les jaunes, les oranges, les mauves et les versions métalliques. Le noir n’a pas été trop à l’honneur. En synthèse, un déploiement en prêt-à-porter sans trop de pétillant.
Mariano Toledo, Une femme volupteuse, caméléon à la peau irisée, qui change ses vêtements selon l'occasion
Dans cette uniformité, Martín Churba (Tramando) s’est encore une fois démarqué. Son défilé Save the gauchos débutait avec un mannequin vêtu en gaucho post moderne, portée dans un brancard par une infirmière et une indienne. Suivait un cortège de mannequins à l’apparence d’une expo de musée anthropologique. Vêtements innovants aux coupes attrayantes et aux motifs intéressants, coiffures d’une surabondance de tresses. Un bain de fantaisie qui changeait de la routine.
Il ne faut pas non plus oublier ce rêveur qu’est Mariano Toledo qui cette fois-ci a émerveillé avec ses Reptiles de ville et sa proposition de femme Caméléon à la silhouette féminine, absolument anatomique, organique et voluptueuse.
Flor Basavilbaso. (LPJ) 26 septembre 2005 |