| Ecrit par BUDAPEST,
le 21-01-2008 00:00
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Retour sur le parcours exceptionnel d'une joueuse d'échecs hors norme, qui après avoir été élevée au rang de grand maître à l'âge de 15 ans, suit un chemin atypique dans l'univers du damier noir et blanc
Judit Polgar (photo FIDE) La Hongroise Judit Polgár, considérée comme la plus grande joueuse d'échecs de tous les temps, est pour la trentième fois en ce début d'année 2008, en tête du classement mondial féminin de la Fédération internationale des échecs (FIDE). Née en 1976, issue d'une famille fortement marquée par la solution finale, elle et ses sœurs aînées Zsofia et Zsuzsa sont dès leur plus jeune âge instruites aux échecs ; leur père László Polgár mène d'ailleurs une véritable expérience pédagogique avec les échecs pour support fondamental. Judit, prodige précoce, bat Dolfi Drimer à l'âge de 10 ans et Vladimir Kovacevic à 11. C'est à 13 ans qu'elle devient le plus jeune joueur international du monde, battant le record de Bobby Fischer. En 1988, l'équipe qu'elle forme avec ses sœurs également membres de la délégation hongroise triomphe aux Jeux Olympiques d'échecs de Thessalonique. Première équipe non-soviétique à remporter le titre, elles répètent l'exploit sous le drapeau hongrois deux ans plus tard à Novi Sad. Ce qu'on appellera le "trio Polgár" restera une figure mythique dans l'histoire des échecs. C'est en 1991, à 15 ans et 4 mois, que Judit obtient le titre de Grand Maître ; elle était à cette date le plus jeune joueur à accéder à cette prestigieuse distinction, battant presque tous les meilleurs joueurs de la planète, y compris l'ancien champion du monde Garry Kasparov. La vie en maturation Sa famille émigre en Israël puis aux Etats-Unis mais Judit Polgár décide de rester en Hongrie où elle épouse un chirurgien vétérinaire de Budapest. Elle est très vite la première femme à dépasser la marque des 2 700 points, limite de la catégorie des très grands maîtres : elle rentre ainsi dans le Top Ten masculin en 2004. Refusant dorénavant de participer aux compétitions strictement féminines, elle atteint la huitième place mondiale. Après une longue période d'absence pendant laquelle elle se consacre à son fils Olivér, elle déçoit aux Championnats du monde FIDE au début de l'année 2005. Seule femme alors présente, elle s'incline en dernière place sur les huit participants. C'est sa sœur Zsuzsa qui durant cette période tient la tête du classement féminin ; mais c'est sans compter sur le génie stratégique de Judit qui dès juillet de la même année reprend la première place avec un score jamais atteint par une femme : 2 735 points. Après un nouvel arrêt en 2006 pour donner naissance à sa fille Hanna, Judit revient tout aussi rapidement sur l'échiquier mondial en octobre, prenant la première place à égalité avec Veselin Topalov au Tournoi d'Hoogeveen aux Pays-Bas. Mais en juin 2007, invitée au tournoi qualificatif des Championnats du Monde FIDE, elle est éliminée dès le premier tour par Evgeny Bareev. Connaissant le caractère combatif de la championne et l'incontestable et indélébile marque qu'elle a inscrite depuis le milieu des années 1980 dans l'univers des échecs, tous les observateurs attentifs attendent ses prochaines apparitions avec le plus vif intérêt. Figure féminine incontournable qui n'a renié ni sa vie familiale ni ses choix personnels, elle a appliqué à elle-même ce que les échecs apprennent : une forme de responsabilité tout autant que de liberté. Franck FONTAINE (www.lepetitjournal.com - Budapest) lundi 21 janvier 2008
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