L’école de cirque argentin El Coreto s’est déplacée en France pour la préparation d’un spectacle commun avec l’Ecole nationale des Arts du cirque (ENAC). Cette initiative vise à développer l'enseignement des arts du cirque en Argentine
El Coreto en représentation à L'Alliance (photo B.Vignaux)"Nous avons commencé les répétitions dès le premier jour de notre arrivée en France ; ça a été très intense, très riche en adrénaline !" raconte Juan, élève de l’école de cirque El Coreto, à Buenos Aires. Avec ses compagnons de promotion de deuxième année, il vient de passer un mois à l’Ecole nationale des Arts du cirque (ENAC) de Rosny-sous-Bois (Seine Saint-Denis), afin de préparer Circo efímero 2, une œuvre présentée dans le cadre du Festival de cirque actuel d’Auch. Le spectacle ne lésine pas sur les moyens : trente-quatre élèves artistes en scène, ENAC et Coreto confondus, une mise en scène de la chorégraphe Laurence Levasseur et du danseur de tango Héctor Diaz, une musique inspirée du folklore argentin, un mélange de danse, d’acrobatie, de funambulisme et de voltige... Et tout cela en trois semaines de répétition seulement ! L’enregistrement vidéo de ce travail a été présenté, le 11 décembre dernier, à l’Alliance française de Buenos Aires, en attendant, peut-être, des représentations en public l’an prochain.
Enseigner les arts du cirque en Argentine Pour Gabriela Ricardes, la directrice d’El Coreto, l’objectif de cette expérience est "d’apprendre à produire rapidement, à s’adapter à de nouveaux artistes et à placer ses connaissances techniques au service de la production artistique". Formalisée en 2001, la coopération entre les deux écoles est née de sa rencontre avec Bernard Turin, l’actuel président de l’ENAC. Avec le soutien de l’ambassade de France en Argentine, elle vise notamment à développer l’enseignement des arts du cirque en Argentine. L’an dernier, un premier spectacle est né de cette rencontre : Circo efímero 1. Que retiennent les circassiens argentins de leur séjour en France ? La facilité matérielle, d’abord. Dixit Clara, 23 ans : "Alors que les élèves français se consacrent entièrement à l’entraînement, nous sommes obligés de travailler". Plusieurs sont serveurs ; l’une est prof d’éducation physique, un autre enseigne les arts martiaux ; Juan, 30 ans, l’aîné de la promotion, fait le clown dans des événements commerciaux ou festifs. "La dure vie d’artiste", plaisante-t-il. En Argentine, il n’existe pas, en effet, l’équivalent d’une école publique comme l’ENAC.
Peu de moyens Cette disparité de moyens n’est pas sans conséquence sur la pédagogie : "A l’ENAC, ils ont une grande tente pour répéter, des outils, des machines, différents profs et un responsable technique ; nous n’avons qu’un prof, Mario Pérez ; c’est un génie, mais il est tout seul", explique Damián, 24 ans. Au-delà de cet aspect matériel, souligne le jeune homme, c’est "un changement mental important" qu’a entraîné son expérience en France : "Là-bas, les élèves veillent les uns sur les autres, s’assurent durant les acrobaties, s’observent, se donnent des conseils. Avant, nous dépendions beaucoup du prof, désormais nous nous entraidons davantage". Barbara VIGNAUX. (www.lepetitjournal - Buenos Aires) vendredi 18 janvier 2008 |