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SCIENCES - L'observatoire Auger intéresse le CNRS |
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mercredi 16 janvier 2008 |
Dans la province de Mendoza, les travaux de l’observatoire Pierre Auger ouvrent la voie à une nouvelle astronomie. Lors d’une visite en Argentine, en décembre dernier, une délégation du CNRS a visité ce lieu unique au monde
(Observatoire Pierre Auger / DR) Cet observatoire a l'ambition de « prendre l’univers comme laboratoire », explique Catherine Bréchignac, présidente du CNRS, un des grands financeurs du site, venue en visite en décembre dernier. Première collaboration de dimension réellement mondiale en matière d'astrophysique, la réalisation de l’observatoire Pierre Auger, à Malargüe, a mobilisé plus de 370 chercheurs et ingénieurs de 17 pays et de 70 institutions, pour un montant d'environ 40 millions d'euros. L’objectif ? « Mesurer l’énergie et la direction ultimes des astro-particules d’énergie extrême », explique Dominique Le Queau, directeur de l’INSU (Institut National des Sciences de l’Univers), autre participant du voyage en Argentine. Sacré défi : ces particules traversent l’Univers à une vitesse proche de celle de la lumière ; en outre, elles sont rares : une par km2 et par siècle !
Une énergie astronomique Grâce aux premiers travaux de l’observatoire, on suppose aujourd’hui que ces rayons cosmiques, encore très mal connus, proviennent « des points centraux de galaxies proches, à quelques centaines de millions d’années-lumière de la Terre », indique Dominique Le Queau. Ce n’est qu’un début. On ignore encore quel mécanisme astrophysique est capable d'accélérer des particules microscopiques à ce niveau d’énergie exceptionnelle, comparable à celle d'une balle de tennis servie par un champion : les énergies les plus élevées qu'on atteint avec des accélérateurs sont un million de fois plus faibles. L’observatoire Pierre Auger est le seul moyen qui existe aujourd’hui pour tenter de résoudre cette énigme astrophysique vieille de plus de 30 ans.
Observer la gerbe de près Cet ambitieux projet – qui doit être complété par la construction d’un site « jumeau » dans le Colorado, aux Etats-Unis – est né « de la rencontre entre les progrès scientifiques et technologiques », explique Catherine Bréchignac. Le site permet en effet d’observer les rayons cosmiques à deux niveaux. D’une part, les 24 télescopes du site permettent d’observer la « gerbe » - la cascade de particules secondaires - créée par les rayons cosmiques en entrant dans l’atmosphère terrestre. Eponyme de l’observatoire, le physicien français Pierre Auger (1899-1993) a été le premier à observer ces gerbes, en 1938. D’autre part, lors de leur arrivée sur Terre, les rayons sont observés par un réseau de 1 600 détecteurs de particules, espacés de 1,5 kilomètre, sur une surface totale de 3000 km2 (soit la taille d'un département français). D’où, en partie, le choix de l’Argentine pour l’installation du site : il fallait un lieu plat, étendu, éloigné de tout site urbain, situé aux bonnes latitude et altitude, bénéficiant d’un ensoleillement particulier… Grâce à son réseau de détecteurs, l'observatoire Pierre Auger peut observer plusieurs dizaines de rayons cosmiques par an. Lors de sa visite, la délégation du CNRS a par ailleurs rencontré Lino Barañao, le ministre argentin de la Science et Technologie : « Nous avons prévu de monter des programmes d’enseignement pour les jeunes qui souhaitent se lancer dans cette nouvelle physique », a indiqué Catherine Bréchignac.
Barbara VIGNAUX (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) le 16 janvier 2008
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