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ÉCO – Le boom des cartes de paiement |
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mardi 08 janvier 2008 |
Le nombre de cartes de paiement en circulation au Brésil est passé de moins de 20 à plus de 400 millions en 10 ans, soit 2,3 cartes par habitant ! De la carte de crédit à la carte de débit en passant par les cartes des magasins, le bout de plastique devient incontournable.
© Laurent Guerinaud Photography - 08/01/08
La généralisation du paiement par carte est l’un des indicateurs du développement économique et de la mise en place d’une société de consommation. Aujourd’hui, 20% des paiements au Brésil sont effectués par carte, soit deux fois plus qu’il y a 5 ans. Pour comparer, en France, les cartes de paiement enregistrent environ un tiers des transactions. Le nombre de cartes de crédit par habitant au Brésil est même déjà supérieur à celui de la France, où "seulement" 80 millions de cartes de paiement sont en circulation. Néanmoins, ces chiffres ne doivent pas occulter quelques particularités majeures du Brésil. Ainsi, seuls 58 millions de Brésiliens utilisent des cartes de paiement et ils en possèdent en moyenne 7,4 chacun ! Après s’être disputé les classes supérieures et moyennes, les opérateurs de cartes bancaires visent maintenant les classes plus basses et les adolescents, avec par exemple une carte permettant de recevoir (et dépenser) directement l’argent de poche des parents. Compte-tenu de la répartition actuelle, l’usage de la carte de paiement dispose encore d’une forte marge de progression. Le Brésil devrait ainsi se rapprocher du modèle américain où chaque habitant possède en moyenne près de 6 cartes de paiement.
"Credito ou debito" ? Une autre grande différence par rapport à la France est la distinction entre cartes de crédit et de débit. L’appellation "carte de crédit" utilisée en France est un abus de langage : il faudrait en effet parler de carte de débit. La carte de crédit permet de régler un achat à crédit, c’est à dire sans débiter le compte de l’utilisateur, qui règle ensuite l’opérateur de la carte par mensualités. La carte de débit, quant à elle, permet, comme son nom l’indique, de débiter directement le compte de l’utilisateur. Au Brésil, les banques émettent à la fois des cartes de débit, qui autorisent paiements immédiats et retraits, et des cartes de crédit, qui permettent les paiements immédiats ou différés. C’est pour cette raison que les commerçants vous demandent systématiquement si vous souhaitez payer "credito ou debito". Le paiement différé est ici la norme, à tel point que les prix sont souvent affichés en mensualités. Le paiement en 3, 5 ou 10 fois est présenté comme "sans intérêts", mais une réduction est généralement accordée pour un paiement content… Autrement dit, les intérêts sont déjà inclus dans le prix et la façon de présenter les choses donne l’impression au consommateur qu’il ne dépense pas plus en achetant à crédit, idée largement répandue dans la population, et qui explique le fort endettement de beaucoup de Brésiliens. Laurent GUERINAUD. (www.lepetitjournal.com - São Paulo) mercredi 9 janvier 2008 |