| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 14-05-2008 00:00
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Sean Penn est l’un des acteurs les plus doués de sa génération. Ce rebelle au pays du star system a également prouvé toute l’étendue de son talent derrière la caméra. L’honneur de présider le prochain festival de Cannes est donc plus que mérité Sean Penn s'est dit impatient de présider le festival de Cannes, "l'épicentre mondial de la découverte des nouvelles vagues de réalisateurs" selon lui (photo AFP)
À ses débuts, peu de gens l’auraient vu dans ce rôle. Et pourtant, Sean Penn endossera bel et bien un smoking pour présider le 61ème festival de Cannes (14 - 25 mai). Considéré pendant longtemps comme l’enfant terrible d’Hollywood, il s’est très vite fait connaître pour ses excès du côté des bars de Los Angeles. Sans oublier son mariage puis divorce avec Madonna. Mais il a avant tout un talent artistique indéniable. De formation théâtrale, Sean Penn a éclaté sur grand écran en 1986 en tenant tête à Robert Duvall dans Colors, de Dennis Hopper, en campant une jeune recrue policière. Le ton est donné. La suite de sa carrière est émaillée de rôles tout aussi forts, ni blancs, ni noirs, joués avec une extrême authenticité. Qu’il incarne un soldat violent (Outrages), un officier cynique et désabusé (La ligne rouge), un escroc de bas étage (U-Turn), un avocat véreux (L’impasse), ou un condamné à mort (La dernière marche), ce n’est plus Sean Penn que l’on voit à l’écran mais son personnage. Malgré un prix d’interprétation à Cannes pour She’s so lovely, des films avec les plus grands (Terrence Malick, Brian De Palma, Woody Allen, Oliver Stone, Al Pacino…), il confesse avoir été déçu par le métier… De l’autre côté de la caméra S’éloignant de plus en plus du star system, Sean Penn a toutefois accepté de tourner en 2003 sous la direction de Clint Eastwood dans Mystic River. Ce rôle d’un père ravagé par le meurtre de sa fille lui a valu un Oscar. A présent, il ne se consacre plus qu’à des projets indépendants, mais toujours avec le même brio. En fait, Sean Penn a trouvé très tôt sa véritable vocation : la réalisation. Son premier film en 1991, The Indian runner, dont il a aussi signé le scénario a été une réussite. Ont suivi Crossing Guard et The Pledge, deux drames dans lesquels il a offert à Jack Nicholson de magnifiques rôles, et au public des œuvres marquantes. C’est sans doute son engagement politique qui lui a fait accepter de jouer en 2005 dans le thriller à gros budget de Sidney Pollack, L’interprète, au côté de Nicole Kidman. A 47 ans, Sean Penn s’est assagi. Acteur et réalisateur qui n’a plus rien à prouver, il se bat à présent comme citoyen. Il n’a pas hésité à se dresser sur les plateaux de télé contre la guerre en Irak. Il s’y est même rendu comme reporter indépendant, et écrit régulièrement depuis pour le San Francisco Chronicle. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 14 mai 2008 Déjà publié le 9 janvier 2008 En savoir plus Le Nouvel Obs - Sean Penn, un type nature
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