| Ecrit par LE CAIRE,
le 10-01-2008 00:00
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Charles Aznavour se produit au Caire et en Alexandrie en ce début d’année 2008, invité par l’association caritative Kheir wa Baraka. 1.000 spectateurs seulement auront assisté au concert donné à l’Opéra du Caire le vendredi 4 janvier, et tous les billets étaient vendus un mois auparavant C’est après la révolution de 1952 qu’Aznavour se rend pour la première fois en Egypte, accompagné d’Edith Piaf, pour chanter à bord du bateau Qassed Kheir, qui n’est plus aujourd’hui ancré au bord du Nil. Puis, il revient dans les années 70, notamment en 1977 pour chanter au Club Gezirah, car "l’Egypte n’est pas un pays qu’on peut connaître en un ou deux voyages", confie t-il. Lors de la conférence de Presse donnée à l’hôtel Sémiramis intercontinental, ce 4 janvier dernier, "le mythe", comme tout le monde se plait à l’appeler ici, s’est remémoré ses soirées au célèbre cabaret El Leil de l’avenue des Pyramides, là, où pour la première fois il a assisté à la danse du ventre :"Je me suis rendu compte que cette danse n’ était pas vulgaire, comme beaucoup le pensent en Occident. Elle fait partie du patrimoine de l’Egypte". Il se remémore encore les souvenirs parisiens avec la diva Oum Khaltoum. L’artiste a été découverte par Aznavour via la radio au Maghreb, séduit par son talent unique, ce dernier a convaincu Bruno Coquatrix, le directeur de l’Olympia, de l’inviter à Paris.
Aznavour n'avait pas chanté devant le public égyptien depuis trente ans (photo Victoria Hazou) Le concert de l’Opéra du Caire fut inespéré pour l’association caritative Kheir wa Baraka qui déclare qu’il a fallu de grands efforts pour en arriver là, car les exigences techniques (matériel, son et lumière…) de Monsieur Aznavour ont été difficiles à concrétiser. La fondation Orange du Groupe France Telecom est également associée à l’événement, en tant que sponsor officiel des concerts d’Aznavour en Egypte, ainsi que France Sud. Nous n’en saurons pas plus sur ces difficultés, ni même sur les bénéfices qui seront reversés aux œuvres de bienfaisance. Aucune couverture médiatique ne sera autorisée pour ce concert à l’Opéra, décision personnelle de Charles Aznavour, qui joue la carte de l’humilité et de la discrétion, en refusant également de s’exprimer en détail sur le fait qu’il s’agisse d’un concert de charité : "Il faut s’engager mais pas trop en parler." L'artiste a offert le meilleur à son public à l’Opéra en établissant une relation chaleureuse et intimiste avec les gens. Tangi, qui a assisté au concert sur invitation a été impressionné par la performance d’un homme de 83 ans qui avoue s’être couché à 4 heures du matin le jour du concert, pour avoir eu à récupérer ses bagages et matériel égarés par Egyptair, à son arrivée au Caire la veille. Le répertoire du concert fut éclectique, grands classique comme La Bohême, mais aussi des chansons récentes, inspirées de rythmes reggae et brésilien. L'artiste a interprété deux chansons atypiques pour l’Egypte, Je suis un homme haut, sur l’homosexualité, et La terre meurt, qui met en garde sur les dangers écologiques qui menacent la planète. Du côté de l’orchestre, l’accordéoniste de Serge Lama s’est joint à Aznavour pour l’occasion, et la fille d’Aznavour a accompagné son père en tant que choriste le temps d’une chanson. Marie Girod (www.lepetitjournal.com, Le Caire), jeudi 10 janvier 2008.
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