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Le numéro un birman, le généralissime Than Shwe, a appelé vendredi ses concitoyens à faire preuve de patriotisme et de sacrifice pour établir une "démocratie disciplinée". Plus de trois mois après la répression d'un mouvement de protestation populaire, le chef de la junte a clairement fait savoir qu’il n’envisageait aucun compromis avec qui que ce soit Dans un message à l'occasion du 60e anniversaire de l'indépendance de la Birmanie (ex-colonie britannique), le chef de la junte, le généralissime Than Shwe, 74 ans, n'a fait aucune concession à la communauté internationale, réaffirmant que son régime appliquerait sa propre "feuille de route", incluant une Constitution "durable" qui garantit à l'armée un rôle prépondérant. Le message du dirigeant birman a été lu par un officier lors d'une cérémonie en présence de quelque 5.000 fonctionnaires et soldats rassemblés sur un square de la municipalité de Naypyidaw, la nouvelle capitale située dans une région reculée à 400 kilomètres au nord de Rangoun. Than Shwe insiste sur la souveraineté d’un pays vainqueur des "colonialistes" Than Shwe, absent de la cérémonie, a rappelé que les grands principes d'une nouvelle Constitution avaient été adoptés par une Convention nationale qui s'est achevée le 3 septembre et qu'une commission avait depuis été mise en place par son régime pour rédiger les articles de la Loi fondamentale. Il a également insisté sur la notion de "souveraineté", rappelant que les Birmans avaient vaincu les "colonialistes" et regagné leur indépendance après avoir "sacrifié beaucoup de sang, de sueur et de vies". Than Shwe a demandé à ses concitoyens de tout mettre en œuvre pour empêcher la "désintégration" de l'Union qui compte de nombreuses ethnies minoritaires. Fin septembre, le régime birman avait violemment réprimé un mouvement de protestation populaire conduit par des moines bouddhistes. Un enquêteur des Nations Unies a dénombré 31 morts et 74 disparus. Après avoir consenti quelques gestes, la junte a déclaré le 3 décembre que la révolte avait été "insignifiante" et qu'elle n'avait aucune raison d'inclure l'opposante détenue Aung San Suu Kyi dans le processus de rédaction d'une nouvelle Constitution. Aung San Suu Kyi et le héros de l'indépendance ignorés Dans son message, Than Shwe n'a pas mentionné le nom du héros de l'indépendance de la Birmanie, le général Aung San, père de Suu Kyi, lauréate du Prix Nobel de la Paix, assignée à résidence depuis 2003. Le parti de Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), devait célébrer l'anniversaire de l'indépendance lors d'une réunion prévue plus tard, vendredi, à son petit quartier-général de Rangoun en présence de diplomates étrangers. La Birmanie a été gouvernée par des juntes successives depuis 1962. La LND avait largement remporté en 1990 des élections législatives dont les résultats ont été ignorés par les généraux. Après la répression brutale fin septembre des manifestations contre la vie chère, la communauté internationale a demandé au régime birman de libérer tous les prisonniers politiques et d'engager sans tarder un dialogue authentique avec l'opposition en vue de mettre en œuvre des réformes démocratiques. Trois réunions entre Suu Kyi et un officier nommé par la junte n'ont abouti à ce jour à aucun résultat tangible. (www.lepetitjournal.com - Bangkok avec AFP) mardi 8 janvier 2008 |