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RENCONTRE - "L'Alliance est une salle des grands évènements de la ville" |
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jeudi 10 janvier 2008 |
Yann Lorvo dirige l'Alliance française. Grâce à une programmation de qualité, l'établissement se démarque du raz de marée culturel de la capitale. En 2007, le centre a aussi enregistré une nouvelle progression du nombre de ses étudiants
Le Petit Journal : Dans une ville aussi bouillonnante que Buenos Aires, comment la programmation culturelle de l’Alliance Française se distingue-t-elle ? Yann Lorvo : La culture est une caractéristique presque identitaire chez les portègnes, le ciment de la capitale. Ainsi, pour exister dans ce volcan culturel, il faut bien choisir sa stratégie. La programmation de notre établissement explore quatre axes : le débat d’idées, le cinéma, les musiques actuelles et les arts plastiques. Notre volonté est de donner à notre programmation un double regard : argentin et français. Ainsi, l’Alliance française se veut le reflet de la création contemporaine des deux pays et montre ce qui ne se voit pas ailleurs. Toute notre programmation sert à attirer le public qui recherche ce type de propositions.
LPJ : Quel bilan tirez-vous de cette année de programmation ? Yann Lorvo : Cette année a été d’une grande diversité. Nous avons accueilli beaucoup de bons conférenciers : Le Clézio, Rosanvallon, Houellebecq. Parmi les créations qui symbolisent ce qu’on aime faire, je mettrais en avant les installations comestibles éphémères de Laurent Moriceau qui a eu, par ailleurs, un retentissement médiatique important. Nous sommes également très attentifs à nous associer aux évènements argentins. Nous sommes partenaires du Bafici (Festival international du cinéma indépendant) depuis trois ans, de DocBsas (festival du film documentaire) depuis deux ans, du festival international de théâtre. L’Alliance est une salle des grands évènements de la ville.
LPJ : Quels sont les avantages de ces associations ? Yann Lorvo : Nous privilégions désormais la co-production parce que nous n’avons plus les moyens pour ne faire que de l’exclusivité. Le Meacvad (exposition euro-américaine de ciné, vidéo et art digital), par exemple, a rassemblé trois instituts (l’Alliance, le Goethe institut et la Fundación Telefonica), six universités pour une dizaine de pays associés. La mutualisation avec les autres centres culturels est une priorité.
LPJ : Quelle est la fréquentation des cours de langues proposés par l’Alliance? Yann Lorvo : Cette année, nous avons reçu 5.600 étudiants, une progression de 8%. Mais ce chiffres ne reflète pas tant un engouement pour le français que pour celui enseigné à l’Alliance. Le plan de modernisation de notre offre d’enseignement (avec notamment des cours de français de spécialité) porte ses fruits. Nous disposons d’un très beau laboratoire de langue, d’une superbe bibliothèque et d’un auditorium bien équipé. L’Alliance française est un lieu que l’on aime visiter. Notre offre culturelle complète ce panorama. Il faut séduire aujourd’hui une nouvelle génération d’Argentins, dont ceux qui accèdent aux responsabilités. Ici nous ne vendons pas seulement la langue française mais une offre de culture et des valeurs. Nous faisons de la diplomatie culturelle.
Propos recueillis par Caroline Béhague (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) vendredi 11 janvier 2008
Cet été, deux expositions sont visibles à l’Alliance Française. Voir notre agenda culturel. |